Plusieurs milliers de soldats, des avions et hélicoptères de combat sont déployés dans le Nord-Est du Nigeria. L'armée s'y est lancée jeudi dans une vaste opération visant à déloger les islamistes de Boko Haram. "Nous aurons recours aux bombardements aériens quand nécessaire", a menacé le porte-parole des armées.

L'offensive est une riposte du pouvoir à la multiplication récente des attaques de la secte. Lundi, le chef présumé de Boko Haram, Abubakar Shekau, en a encore revendiqué deux, qui ont fait en avril et mai plus de 200 morts dans l'Etat de Borno. Pour le président nigérian, cette violence croissante est "une déclaration de guerre". Admettant pour la première fois que Boko Haram avait pris le contrôle de certaines parties de l'Etat de Borno, Goodluck Jonathan a déclaré mardi l'état d'urgence dans cette partie du pays. Il a par ailleurs annoncé des "mesures extraordinaires".

La plus grosse offensive contre Boko Haram depuis 2009

L'opération lancée jeudi est la plus grosse offensive menée contre Boko Haram depuis 2009. Des soldats avaient alors envahi Maiduguri, la capitale de Borno, tuant plus de 800 personnes et forçant les islamistes à cesser leurs activités pendant une année. L'armée peut-elle cette fois venir à bout des islamistes ? Rien n'est moins sûr, tant l'insurrection s'est bien implantée dans la région et alors que les frontières avec le Cameroun, le Tchad et le Niger sont très poreuses.

L'ampleur de l'offensive fait craindre de nouveau pour la sécurité des populations civiles. L'insurrection et sa répression par les forces de sécurité ont déjà quelque 3.600 morts depuis 2009, selon Human Rights Watch. De nombreuses voix s'élèvent pour demander aux dirigeants de s'attacher plutôt à résoudre les problèmes sociaux qui nourrissent l'insurrection. Au premier rang desquels la pauvreté : la grande majorité des 160 millions d'habitants du premier producteur africain de pétrole vit en effet avec moins de deux dollars par jour.