Victimes des braconniers, les mystérieux pangolins sont menacés d'extinction. A l’instar des rhinocéros ou des éléphants, ce petit fourmilier à écailles d'Afrique et d'Asie du sud-est fait l'objet d'une traque. Et ce, en raison de sa chair particulièrement prisée en Asie et de ses pseudos vertus curatives employées dans la médecine traditionnelle chinoise. Un trafic qui sévit jusqu'en France, comme le montre la saisie de 250 kg d'écailles de pangolin effectuée il y a trois semaines à l'aéroport de Roissy.

Selon la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), qui recense les espèces en voie d'extinction, les pangolins sont à présent le groupe de mammifères au monde le plus victime de commerce illégal. En effet, l'interdiction frappant le commerce de ce mammifère est largement impuissante à protéger l'espèce du baronnage massif qui a décimé plus d'un million de spécimens au cours des dix dernières années, selon la Société de zoologie de Londres, à laquelle appartient le groupe spécialisé sur cet animal. Conséquence : l'ensemble des huit espèces de Pangolins réparties à travers le globe est aujourd'hui menacé d’extinction, constate la CITES.

Un mammifère essentiel à l'équilibre des forêts tropicales

Pourtant, bien que peu féroce, l'unique mammifère au monde recouvert d'écailles - affichant entre 2 et 35 kilos sur la balance et mesurant entre 30 et 80 cm - sait parfaitement se défendre, résistant aux attaques de plusieurs lions s'il le faut grâce à sa carapace particulièrement résistante (voir ci-dessous). Une protection cependant insuffisante face aux braconniers. Par ailleurs, son mode de vie et de reproduction est quasi-incompatible avec des conditions de captivité, rendant sa préservation extrêmement difficile.

Outre la perte d'un mammifère unique, la disparition du Pangolin risquerait de modifier gravement l'équilibre des forêts tropicales dans lesquelles il vit, en augmentant considérablement les populations de fourmis et de termites, préviennent les spécialistes. Pour Dan Challender, coprésident du groupe de Londres, "il faut que les gouvernements chinois et vietnamien commencent par établir d'urgence un inventaire de leurs populations de pangolins et publient les chiffres" pour empêcher le commerce illégal de l'espèce. Un programme d'action pour la conservation de l'espèce a été lancé mardi par les experts de la Société de zoologie.