Ce sera une première en France. À l'occasion de la Journée mondiale d'Alzheimer, Laurence Rossignol, secrétaire d'Etat chargée des personnes âgées et de l'autonomie, a officialisé ce lundi à Mont-de-Marsan un projet de village consacré aux patients atteints de cette maladie, qui accueillera dans les Landes 120 résidents à son ouverture prévue en 2018.

Le but d'un tel village ? Inspiré d'une structure déjà existante aux Pays-Bas, il s'agit de maintenir aussi longtemps que possible les malades d'Alzheimer dans une vie sociale ordinaire, sans blouse blanche visible mais sous l'étroite surveillance, de jour comme de nuit, de soignants et de bénévoles. Il sera pour les résidents "un lieu où l'on peut continuer de vivre dans la vraie vie avec la personne aimée, avec laquelle on a toujours vécu", a souligné Laurence Rossignol.


"Les résidents devront payer un prix estimé entre 60 et 65 euros par jour"

Le coût global de ce projet, inspiré du premier modèle européen fondé aux Pays-Bas en 2009, est estimé à quelque 22 millions d'euros (construction, mobilier et divers aménagements). Le budget de fonctionnement annuel est quant à lui estimé à 8,5 millions d'euros, a précisé Francis Lacoste, qui pilote le projet au conseil départemental. La ministre a annoncé que l'État débloquerait trois millions d'euros par an. "Les 5,5 millions d'euros restant se répartiront entre le département et l'État qui se partagent le financement de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) et les résidents qui devront payer un prix estimé entre 60 et 65 euros par journée", a encore indiqué Francis Lacoste.

"C'est un gros effort, un très gros effort, mais c'est une subvention à portée nationale pour un établissement référent", a souligné Laurence Rossignol à propos de ce "projet pilote" qui a vocation, selon elle, à essaimer dans tout l'Hexagone : "Les villages Alzheimer ont de l'avenir, quand (celui-ci) aura démontré toutes les opportunités qu'il offre".

Le village est porté depuis près de deux ans par le Conseil départemental des Landes, présidé par le socialiste Henri Emmanuelli. Si le choix du site n'est pas encore arrêté, le calendrier est d'ores et déjà défini. Le concours d'architecture sera organisée en janvier 2016, la première pierre posée en janvier 2017 et le premier résident devrait être accueilli en juin 2018.