Il y a les gagnants et les perdants. L'attribution ce vendredi du prix Nobel de la paix à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a suscité des réactions de joie ou de déception, plus ou moins surprenantes…

François Hollande, qui s'est voulu en pointe dans le dossier syrien, y voit une "consécration" pour la France et tous ceux qui se sont mobilisés pour l'élimination des armes chimiques en Syrie. Dans le communiqué qui "félicite" l'OIAC, le président de la République rappelle que "ces armes de terreur ont été employées une fois encore le 21 août 2013 par le régime syrien contre des populations civiles". "De tels actes de barbarie ne doivent plus jamais pouvoir se reproduire", ajoute-t-il. "Chacun a compris le message du jury", a-t-il insisté devant la presse, estimant que ce message s'adressait "à tout ce qui est prolifération, pas simplement chimique mais aussi nucléaire". Une allusion claire à l'Iran.

Les talibans pakistanais
trouvent également un motif de satisfaction dans cette attribution : il n'est pas allé à Malala Yousafzaï, l'adolescente victime d'une tentative d'assassinat de leur part et qui faisait figure de favorite pour le prix. "Nous nous réjouissons du fait qu'elle n'ait pas remporté le prix", a déclaré à l'AFP Shahidullah Shahid, le porte-parole des rebelles islamistes. "Nous avions déjà dit qu'elle ne le méritait pas. Elle n'a rien accompli d'important", a-t-il osé. Pas de quoi, au contraire, diminuer l'aura de la jeune fille, qui a d'ailleurs reçu jeudi le prix Sakharov du Parlement européen.

Du côté du gynécologue Denis Mukwege, qui n'a pas non plus reçu le prix alors qu'il était cité pour son aide aux femmes violées dans l'Est de la République démocratique du Congo, c'est en revanche la déception. "On pensait vraiment que cette année, on était bien partis", a déclaré à l'AFP Ephrem Bisimwa, chargé de communication de l'hôpital de Panzi, près de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, où exerce le docteur. Sur son compte Twitter créé ce vendredi, l'intéressé s'est montré serein et a tenté de rasséréner ses soutiens. "Merci à tous ceux d'entre vous qui ont soutenu notre travail ces derniers temps. Le combat pour mettre un terme aux violences sexuelles en temps de conflit et de paix continue". Histoire de rappeler que le combat vaut plus que sa récompense.