Le Bureau national du Parti socialiste est prêt à participer à une "primaire de coalition (...) une primaire qui réunirait toute la gauche de gouvernement", du PS au PCF, a affirmé la porte-parole du PS Corinne Narassiguin lundi soir. "Il y a un grand consensus (...) d'aller vers une primaire de coalition, c'est-à-dire une primaire qui réunirait toute la gauche de gouvernement sans préalable et avec une seule condition: que tous ceux qui participent soient d'accord pour soutenir celui ou celle qui gagnera la primaire", a déclaré Corinne Narassiguin au cours d'un point presse à l'issue du Bureau national.

Corinne Narassiguin a précisé que le PS était prêt à une primaire allant "du PS au PCF", sans la participation du cofondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon. "Même si notre objectif c'est la primaire de toutes les gauches, incluant de (Jean-Luc) Mélenchon à (Emmanuel) Macron comme l'a dit (le premier secrétaire) Jean-Christophe Cambadélis (...) on ne veut pas donner à Jean-Luc Mélenchon un droit de veto, sinon cela veut dire enterrer la primaire", a-t-elle expliqué à l'AFP.

"On veut être un moteur de ça"

Corinne Narassiguin a rappelé que les responsables du PS recevraient jeudi les initiateurs de l'appel "Notre primaire", parmi lesquels le député européen Yannick Jadot. "Nous (leur) ferons des propositions par rapport à la manière dont nous pourrions les aider à participer à l'organisation de ces primaires", a-t-elle expliqué.

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Soulignant que le PS avait désormais "une perspective et un calendrier bien établis", la porte-parole a relevé que "certains éléments du calendrier ne dépend(aient) pas (du PS) puisque le parti communiste et Europe Ecologie-Les Verts auront leur congrès début juin" et qu'il est "fort douteux qu'ils se prononcent eux-mêmes sur leur volonté de participer ou pas à cette primaire et dans quelles conditions avant le mois de juin".

"Il faut être aussi lucide. A partir du moment où le PS est en capacité de coorganiser des primaires" qui permettent d'avoir au premier tour de la présidentielle "un seul candidat de la gauche de gouvernement", on est "très content de ça, on veut participer à ça, on veut être moteur de ça", a résumé Mme Narassiguin.

Trois alternatives possibles

Selon la porte-parole, Jean-Christophe Cambadélis a présenté aux membres du Bureau national les trois alternatives possibles: "une primaire partidaire", une "primaire de coalition" ou une "primaire sauvage".

"On comprend bien qu'aujourd'hui on n'est plus dans la même logique qu'en 2011, et que la primaire partidaire, juste entre les socialistes et les radicaux de gauche, ce n'est pas suffisant, on est face à un danger d'élimination dès le premier tour (de la présidentielle), donc il faut voir au-delà", a-t-elle expliqué.

"En même temps, on a bien conscience qu'on ne peut pas non plus laisser se développer des initiatives de primaire totalement en dehors du parti socialiste et qui en plus se constitueraient contre le PS", a-t-elle expliqué.

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