Il est surnommé "le roi de Guantanamo". Le général Geoffrey Miller, ancien commandant de Guantanamo qui a également dirigé le tristement célèbre centre de détention américain d'Abu Ghraib en Irak *, est convoqué devant les juges français le 1er mars. Mais il n'est pas obligé de se présenter et rien ne dit qu'il sera là.

Une plainte pour détention arbitraire et torture

La justice enquête sur des accusations de torture dans cette prison américaine, à la suite de plaintes déposées par deux ex-détenus français. Aujourd'hui à la retraite, Geoffrey Miller a été commandant de Guantanamo de novembre 2002 à avril 2004. Puis a pris sa retraite en 2006 après 34 années passées dans l'armée.

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Nizar Sassi et Mourad Benchellali avaient été arrêtés par les forces américaines en Afghanistan avant d'être transférés à Guantanamo, à Cuba. Ils y ont été détenus respectivement trois et quatre ans avant d'être renvoyés en France, où ils ont été condamnés à un an d'emprisonnement ferme pour avoir rejoint entre 2000 et 2001 l'Afghanistan avec des visées djihadistes. Mais ils ont porté plainte pour détention arbitraire et torture.

Toujours 91 prisonniers à Guantanamo

Leur demande d'audition était appuyée par un rapport du Centre pour les droits constitutionnels et du Centre européen pour les droits de l'Homme et constitutionnels qui détaillent les mauvais traitements infligés à Guantanamo et la responsabilité du général Miller. Un rapport de la commission sénatoriale des Forces armées américaines, publié en 2008, indique qu'il existe des preuves que certaines techniques d'interrogatoire, telles que placer les détenus dans des postures contraintes ou dégradantes ou l'utilisation agressive de chiens, ont été employées lorsque Guantanamo était sous le commandement de ce même général.

L'administration Obama cherche depuis 2009 à fermer cette prison controversée mais se heurte à l'opposition du Congrès. La base américaine de Guantanamo a commencé à recevoir les suspects de terrorisme quatre mois après les attentats du 11 septembre 2001. A son pic d'activité en 2003, elle a accueilli jusqu'à 680 prisonniers qui pouvaient y être enfermés en dehors de toute procédure judiciaire. Ils étaient encore 91 fin janvier.

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* Le camp d'Abu Ghraïb a été le lieu de tortures de la part de l'armée américaine à l'égard de prisonniers irakiens entre 2003 et 2004.