Marinière or not marinière ? Le clin d’œil en aurait amusé plus d’un. C’est finalement en costume sombre que le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, a débarqué, mardi soir, sur la scène du centre de conférences de Bercy. La salle, boostée au son de C2C et de la B.O. de Rocky 3, "Eye of the tiger", n’attendait que lui. 

Micro à la main, cravate laissée au placard, le chantre du "Made in France" a inauguré la première édition des "Objets de la nouvelle France industrielle", série de conférences destinées à promouvoir régulièrement trois projets industriels français. Rendant d’abord hommage aux grands noms de l’Hexagone (Pasteur, Pierre et Marie Curie…) et soulignant la nécessité de "préparer la troisième révolution industrielle", il a ensuite cédé sa place aux responsables des entreprises Stentys, Deinove et Michelin, qui se sont succédé sur scène pour présenter trois objets "innovants" et "révolutionnaires" (les maîtres mots de la soirée) : une minuscule prothèse, un biocarburant et une roue motorisée.

L'ombre de Titan

Objectif de l’exercice : montrer que l’innovation française se porte bien en rendant cool des concepts aussi complexes que la nanotechnologie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les trois hommes ont fait le job. Ou plutôt, les Steve Jobs... Pendant trois quart d’heure, micro oreille et air décontracté, ils ont en effet offert un véritable show américain aux centaines de personnes réunies pour l'occasion. Tout y était : écran géant en arrière-fond, anecdotes d’entrepreneurs et petites vannes ("Au démarrage, ceux qui aident le mieux les startups, ce sont les Assedics !").

Assis au premier rang, le ministre du redressement productif, hilare, semblait aussi conquis que le reste du public où étudiants et costumes-cravate se côtoyaient. "C’était encore mieux que ce que j’imaginais, s’est enthousiasmée Laure, étudiante en école d’ingénieur, à la sortie. Il y avait du contenu et la forme était super." Fort de ce succès, Arnaud Montebourg entend renouveler l’expérience "toutes les six semaines". "Le partenariat avec Oseo (filiale de la Banque Publique d’Investissement, ndlr) court jusqu’en décembre", a précisé à Metro une source du ministère. Ce premier message positif pour le "Made in France" était lancé quelques heures après le coup de bâton donné par le PDG de Titan au ministre et aux ouvriers français.