Ce fait divers avait ému la France entière. L'institutrice Fabienne Terral-Calmès, tuée d'un coup de couteau début juillet par une mère d'élève à Albi (Tarn), a été faite chevalier de la Légion d'honneur, figurant ainsi parmi les décorés de la promotion du 14 juillet. La jeune femme de 34 ans avait été attaquée dans sa classe de maternelle par une mère déséquilibrée au dernier jour de l'année scolaire, le 4 juillet.

Cette nomination est accordée "à titre exceptionnel" en vertu d'un article qui permet de nommer "des personnes tuées ou blessés dans l'accomplissement de leur devoir et qui sont reconnues dignes de recevoir cette distinction", selon un communiqué de la Grande Chancellerie de la Légion d'Honneur. Benoît Hamon avait en effet annoncé cette semaine qu'il serait "porté à son état civil la mention 'mort au service de la nation'", créée par la loi sur la sécurité et le terrorisme de décembre 2012. Les deux filles de l'institutrice bénéficieront par ailleurs du statut de "pupille de la nation", impliquant une prise en charge financière.

Une distinction créée en 1802

Parmi les 560 décorés de la promotion du 14 juillet 2014 de la Légion d'honneur, on compte 457 chevaliers, 73 officiers, 22 commandeurs et cinq grands officiers. Ainsi que trois grand-croix, la plus haute dignité de la Légion d'honneur, qui sont l'infirmière militaire Geneviève de Galard, surnommée "l'ange de Diên Biên Phù", l'ancien PDG d'EDF Marcel Boiteux, apôtre du nucléaire en France, et l'écrivain Jean d'Ormesson.

Près d'un quart (23,4%) des décorés est issu du monde économique, devant la fonction publique (22,7%), l'enseignement et la recherche (16,4%), la santé, le social et l'humanitaire (14,3%), les autres se répartissant entre le monde politique, la culture et la communication, les anciens combattants, les cultes et les sports. Fondée par Napoléon Bonaparte en 1802, la Légion d'honneur est la plus élevée des distinctions nationales françaises. Elle compte aujourd'hui 92.000 membres.