Il a longtemps hésité à se présenter à sa succession dans son fief de Villeuneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Puis, devant les critiques, il a cédé et laissé passer sa chance de regagner le poste de député qu'il avait abandonné après sa mise en examen pour "blanchiment de fraude fiscale". Mais l'ombre de Jérôme Cahuzac était omniprésente ce week-end, lors du second tour de la législative partielle qui a vu la victoire du candidat UMP face à celui du FN. Le candidat PS Bernard Barral avait, lui, été éliminé dès le premier tour. Une surprise que François Hollande avait qualifié de "séquelle de l'affaire Cahuzac", lors de son intervention il y a une semaine sur M6.

Dimanche, un journaliste du Monde qui couvrait l'élection a révélé avoir été contacté la veille par l'ancien ministre pour commenter le scrutin. "Alors, comment vous sentez les choses ?", aurait lancé Jérôme Cahuzac en guise d'introduction. Et d'enchaîner : "C'est sûr. Costes (le candidat de l'UMP) est détesté ici. Mais ils vont essayer de me faire porter le chapeau, dire que c'est la faute à Cahuzac. Ils n'ont rien compris."

Des bulletins du second tour portaient le nom de Cahuzac

Une rancoeur inspirée par les déclarations du directeur de campagne de Bernard Barral qui a accusé vendredi l'ancien ministre d'avoir favorisé le candidat du Front National en appelant en sous-main à boycotter le candidat socialiste. "Il avait dit que sans lui nous aurions le Front national, a rappelé Benoît Dupuy au micro de BFMTV. Je pense que de la même manière qu'il l'a fait contre Bernard Barral au premier tour de cette élection, il va agir pour que les gens favorisent le vote du Front national." Benoît Dupuy a affirmé avoir "des éléments aujourd'hui, des témoignages qui me poussent à le croire".

"Des fariboles", a tranché Jérôme Cahuzac, lors de son interview au Monde. "C'est tout ce qu'ils ont trouvé, a-t-il commenté. La réalité, elle est bien plus terrible mais ils ne veulent pas la voir. Ça va bien au-delà de ça." L'ancien ministre avait lancé, au soir du premier tour, "Si je m’étais présenté, j’aurais fait mieux et la gauche serait au second tour". Bernard Barral a dû apprécier...

Dimanche, l'ancien ministre a voté par procuration, sans se prononcer sur le candidat qui a reçu son suffrage. Son représentant était présent dès 8 heures pour mettre son bulletin dans l'urne. Pourtant, son ombre plane toujours à Villeneuve-sur-Lot : quelques électeurs avaient inscrit son nom sur leurs bulletins, d'après France 3 Aquitaine.