Trop gras, trop sucré, trop salé… les fabricants d'aliments industriels doivent encore faire des efforts, selon l'Observatoire de la qualité des aliments (Oqali). Ce dernier fait le point sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires.

Trente entreprises, comme Casino, Unilever France ou Nestlé nutrition infantile, ont adopté des chartes pour améliorer les produits destinés aux populations les plus exposées aux excès et déficits nutritionnels (obèses, diabétiques, populations défavorisées...). L'Oqali a voulu étudier les effets réels de ces chartes.

La consommation de sel pointé du doigt

Pour cela il a comparé certains produits avant et après le Plan national nutrition santé (PNNS 2) signé par les industriels en juin 2012. Huit nutriments étaient ciblés : sodium, sucres, lipides, vitamine D, acides gras saturés, acides gras insaturés, fibres et calcium. Et les conclusions ne sont pas à la hauteur de ces espérances : globalement les efforts restent très insuffisants par rapport aux objectifs du PNNS 2.

En effet, les fabricants n'ont par exemple réalisé que 3 à 5 % de leurs objectifs de réduction de sel pour les hommes et 14% pour les femmes. Il en va de même pour les sucres, où la reformulation des produits a permis de réaliser seulement 1,6 % des objectifs du Plan.

"Il faut en passer par des obligations"

De même, près d'un produit sur cinq parmi les 15 000 examinés contiennent de l'huile de palme, corps gras que le Sénat souhaite surtaxer pour en réduire l'usage. Pour l'association de défense des consommateurs CLCV, "l'effet de ces chartes sur les apports nutritionnels est très décevant".

Même son de cloche du côté de l'UFC Que Choisir qui estime que "là où le volontariat ne marche pas, il faut en passer par des obligations". Selon cette association de consommateurs, il faudrait que l'Oqali planche sur l'ensemble des produits alimentaires, et non plus seulement sur ceux qui ont fait l'objet d'un engagement de la part de leur fabricant.

"Les industriels ont avancé mais nous avons encore de vraies marges de progression", a commenté sur ce sujet le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot. Ce dernier va réunir le 17 décembre les industriels afin d'établir la liste des ingrédients sur lesquels travailler. Selon l'AFP, la France compte 6,5 millions d'obèses et plus de 20 millions de personnes en surpoids selon l'indice de masse corporelle (IMC).