C’est un petit changement, mais qui, pour toutes les personnes en France qui ont une allergie alimentaire sévère, signifie beaucoup. A partir de ce samedi 13 décembre, chaque restaurateur aura l’obligation de fournir oralement à son client des informations sur la composition des aliments qu’il a dans son assiette, et notamment sur la présence éventuelle de quatorze allergènes parmi les plus courants*. Par ailleurs, une liste écrite de tous les plats contenant ces allergènes devra être disponible sur demande et être conservée quelque part dans le restaurant, selon les dernières négociations entre la ministre et les restaurateurs.

Si la date prévue par l’Union européenne, qui est l’instigatrice de cette directive que tous les pays devaient transcrire dans leur droit, est bien le 13 décembre, le décret d’application ne sera quant à lui publié que "fin décembre ou courant janvier", nous indique-t-on au ministère de la Santé. Et il n’y aura aucun contrôle avant ce décret. "C'est lui qui sonnera l'entrée en vigueur de la mesure."

“Il faudrait des stylo auto-injecteurs d'adrénaline”

A l’issue des négociations, associations de défense des allergiques et restaurateurs semblent satisfaits. Ces derniers craignaient qu’on les oblige à en faire mention sur les menus, comme cela avait été suggéré dans une première version du texte, alors qu'il suffira que la liste obligatoire des plats contenant des allergènes soit disponible dans le restaurant. "La ministre a entendu notre demande de privilégier l’oralité”, se réjouit Jean Terlon, vice-président de l’Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH). "Nous sommes très contents", déclare quant à elle la présidente de l’Association française pour la prévention des allergies (AFPRAL), Pascale Couratier. "Nous avons milité dès le départ pour qu’il y ait l’obligation d’une mention écrite et la France sera l’un des rares pays à satisfaire à cette obligation."

Le responsable de l’UMIH veut toutefois rester vigilant jusqu’à la publication du décret. Et espère qu’il n’ouvrira pas de "boîte de Pandore". "Nous vivons dans un monde très procédurier. Que se passera-t-il si nous informons correctement le client mais que celui-ci tombe tout de même malade?", s’inquiète Jean Terlon. Parmi les allergologues, certains aimeraient aussi aller plus loin. A la manière de défibrilateurs, “il faudrait des stylo auto-injecteurs d'adrénaline (le traitement recommandé en cas de choc dû à une allergie alimentaire, ndlr) dans les restaurants et les camions de pompiers”, réclame ainsi le docteur Catherine Quéquet, allergologue. Pas sûr que cette mesure plaise aux restaurateurs. "Alors on va se transformer en hôpital ?", plaisante, d’un rire jaune, Jean Terlon.

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