Une manifestation "entre catholiques", au milieu des chapelets, soutanes et des chants religieux. Après l'immense cortège qui a réuni près de 70 .000 personnes à Paris samedi après-midi, 9.000 personnes (selon la police) se sont à nouveau donné rendez-vous dimanche pour protester contre le mariage pour tous. Elles répondaient à l'appel de l'institut Civitas, proche des milieux intégristes, qui avait affecté une trentaine de cars à travers toute la France. 

Madeleine et Marie-Capucine, 19 ans, sont venues entre amies. Les jeunes femmes ont déjà défilé la veille, "mais aujourd'hui, c'est mieux on est entre catholiques". Pour Madeleine, "le rôle de l'Eglise, c'est de protéger la famille et surtout les enfants. Donc oui, on a notre mot à dire dans le débat". Dans la foule, un prêtre, qui a souhaité garder l'anonymat renchérit : "Nous luttons pour la famille". Pour lui, les choses sont claires, l'homosexualité est "une maladie". "Ce n'est pas dans l'ordre des choses. Je pense que ça peut mener jusqu'à la zoophilie". D'autres, comme Denise, 70 ans ne se sentent pas proches des milieux intégristes, mais ont quand même tenu à défiler. "Un homme et un homme, c'est contre nature. Et on ne pense pas aux enfants !".

Prières de rue

Dans les manifestants, une dizaine d'élus, parmi lesquels Bruno Gollnisch (FN) ou Jacques Bompard (Ligue du Sud, proche de l'extrême droite). "Je ne célèbrerai pas les mariages homosexuels. Je laisserai cette tâche à mon adjoint", a tenu à préciser le maire d'Orange, qui avait réclamé une "clause de conscience" dans le projet de loi. Pour ce dernier, "le projet de François Hollande va dénaturer la société".

Aux cris de "Un papa, une maman pour tous les enfants" ou "1ère, 2ème, 3ème génération, nous sommes tous des enfants d'hétéros !", les manifestants ont ensuite rejoint l'Assemblée Nationale, devant laquelle Alain Escada, président de l'institut Civitas a pris la parole. "Ce mariage pour tous, c'est la porte ouverte à toutes les folies ! A la polygamie ou à l'inceste !" a-t-il scandé au micro, avant d'entonner un "Notre Père" et des chants religieux, repris en choeur par la foule. Et de prévenir François Hollande : "Ce n'est qu'une première étape ! Nous appellerons à d'autres actions."