Faire le bilan de l'année au gouvernement

Les ministres verts doivent-ils rester dans un gouvernement  ? La question, posée à plusieurs reprises par des responsables du parti, n'en finit plus de tirailler les militants. Elle agitera sans nul doute ces journées d'été, sur fond de nouvelles bisbilles avec Manuel Valls après ses déclarations sur le regroupement familial. Cécile Duflot et Pascal Canfin seront tout particulièrement attendus à la tribune jeudi en fin de journée pour défendre leur action, lors d'une séance plénière intitulée "L'an 2 du quinquennat, vers un changement de cap?". Le lendemain soir, le secrétaire national Pascal Canfin ou le co-président du groupe à l'Assemblée, François de Rugy, participeront à une "conférence de bilan".

Mais Noël Mamère, qui annonçait mardi à metronews son intention de sécher le rendez-vous marseillais, n' y voit qu'un "simulacre de débat" et déplore que la question de la participation au gouvernement soit devenue "un véritable sujet tabou". "Vous verrez que samedi soir, rien n'aura été décidé : on continuera de dire qu'il faut rester et attendre".

Mettre la pression sur François Hollande

Ses camarades entendent toutefois bien poser leurs conditions. Il y a quelques jours, Cécile Duflot et Pascal Canfin ont commencé à mettre la pression sur François Hollande en signant avec deux collègues socialistes, Philippe Martin et Stéphane Le Foll, une lettre-plaidoyer en faveur de la transition écologique. Arbitrages sur le budget de l'écologie, conférence environnementale des 20 et 21 septembre, mise en place d'une fiscalité écologique... Autant de rendez-vous et de dossiers de la rentrée pour lesquels le gouvernement est attendu au tournant.

Après une année où "l'absence de politique écologiste a été cruelle", Jean-Vincent Placé nous assure ainsi attendre "des signaux". "Il est certain que si à l'automne, il n'y en a pas, nous engagerons une vraie réflexion pour en tirer les conséquences. Ce deuxième budget va être décisif", prévient le patron des sénateurs verts.

Les grandes manœuvres en vue du congrès

Ces journées d'été précèdent de quelques semaines le congrès du mouvement à Caen, fin novembre, où se mesureront les rapports de force internes. La bataille des contributions et des motions va donc faire rage à Marseille, même si la réélection de Pascal Durand à la tête du parti ne fait que peu de doute. Cette absence de suspense motive d'ailleurs également la décision de Noël Mamère de sécher ces journées d'été. "On sait que tout est déjà organisé et que l'actuelle direction sera reconduite", s'agace celui qui défendait les couleurs des verts à la présidentielle de 2002.

Préparer les échéances électorales

Les municipales et les européennes de 2014 ne seront réellement abordées que cet automne, mais elles seront bien sûr dans toutes les têtes à Marseille. Après l'échec d'Eva Joly à la présidentielle (2,31% des voix), le parti veut se refaire une santé dans des scrutins qui lui sont traditionnellement plus favorables. Mais aux européennes notamment, il lui sera difficile de faire aussi bien qu'en 2009, où, de façon inattendue, il avait recueilli 16,3% des voix.

Concurrencer La Rochelle


Ces journées d'été écologistes se déroulent au même moment que les universités d'été du Front de Gauche à Grenoble et du PS à La Rochelle. Quel rendez-vous aura le plus d'écho médiatique et d'impact politique ? Le match est lancé.