"Je ne laisserai pas fragiliser le service public de l'audiovisuel." La réaction est vive et elle est signée Fleur Pellerin. La ministre de la Culture et de la Communication a en effet exprimé son mécontentement, jeudi, suite au vote surprise par les députés d'une proposition de loi écologiste visant à supprimer la publicité dans les programmes pour enfants diffusés par France Télévisions.

"Le vote de ce soir ne clôt pas le débat. Je continuerai à me battre (...) pour conforter les moyens et l'indépendance du service public de l'audiovisuel", a poursuivi la ministre dans un communiqué. La proposition, votée par le Sénat fin octobre, prévoit à partir du 1er janvier 2018 la suppression de la publicité commerciale durant les programmes de la télévision publique destinés aux enfants de moins de douze ans, ainsi que durant les 15 minutes qui les précèdent et qui les suivent.

Vers la suppression du texte

L'adoption du texte a été rendue possible en raison du faible nombre de députés socialistes présents dans l'hémicycle jeudi soir. Néanmoins, le gouvernement n'a pas dit son dernier mot puisque le texte n'ayant pas été adopté conforme, sa suppression pourra intervenir lors de la navette parlementaire.

Durant les débats, la ministre de la Culture a mis l'accent sur les difficultés rencontrées par le groupe d'audiovisuel public. "La situation financière de France Télévisions est préoccupante. Les recettes publicitaires ont diminué de 100 millions d'euros entre 2010 et 2014 et ce dispositif se traduira par un manque de 15 à 20 millions d'euros", a-t-elle insisté.

De leur côté, les élus écologistes ont mis en avant la protection de la jeunesse, arguant, à l'instar de la rédactrice de la proposition, Michèle Bonneton, que les plus jeunes pâtissent physiquement et psychologiquement d’une surexposition aux messages publicitaires".

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