La plainte déposée en décembre 2012 par une jeune femme accusant la pilule de 3e génération Diane 35 de lui avoir causé un AVC avait lancé le débat en France. Depuis, pas moins de sept décès ont été officiellement liés à ce contraceptif des laboratoires Bayer, un temps retiré du marché avant de faire son retour en pharmacie cet été sous certaines conditions. Quant aux pilules de 3e et 4e génération dans leur ensemble, elles seraient responsables en France de 14 décès chaque année.

Mais d'après l'EMA, qui vient de rendre ses conclusions, les médecins n'auraient pas de raisons particulières de cesser de recommander ces dernières à leurs patientes. La prescription de ces pilules a en effet radicalement chuté de 43% en 2013, au profit des pilules de 1e et de 2e génération moins dosées en oestrogènes et donc susceptibles de déclencher moitié moins d'incidents.

“Une femme qui ne rencontre pas de problème avec une pilule de 3e ou 4e génération n'a aucune raison d'arrêter de la prendre.”

Saisie par la France pour statuer sur le cas de ces contraceptifs sujets à caution, l'Agence européenne du médicament, via sa commission du Prac (le Comité pour l'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance), n'a pas cependant pas constaté de différence suffisamment notable entre les effets indésirables de pilules de 1e et 2e génération et ceux des pilules de 3e et 4e génération. Globalement, “Les bénéfices de tous les contraceptifs oraux combinés, ou COC, continuent d'être supérieurs aux risques.”

Tout en reconnaissant que les risques de thromboses veineuses (la formation de caillot dans les veines) diffèrent entre les types de pilules, l'EMA ajoute qu'il “n'y a aucune raison pour qu'une femme qui prend un COC sans problème arrête de le faire”. En nuançant néanmoins : “Il est important que les femmes soient informées des risques, signes et symptômes des thromboses veineuses et que les médecins prennent en considération les facteurs de risques individuels au moment de la prescription d'un contraceptif”. Pour ce faire, l'EMA recommande une mise à jour régulière des notices se trouvant dans les boîtes de ces médicaments. Première cible, les femmes considérées comme à risque, parmi lesquelles figurent les fumeuses, les hypertendues et les diabétiques.