Deux attentats à la voiture piégée ont secoué vendredi Tripoli, la deuxième plus grande ville du Liban située à 85 kilomètres au nord de Beyrouth. Le bilan est lourd puisque l'Agence France-Presse (AFP), se basant sur une source de sécurité, fait état de 42 morts, dont plusieurs enfants, et quelque 500 blessés, soit l'attaque la plus meurtrière depuis la fin de la guerre civile au Liban en 1990.

La première explosion s'est produite dans le centre, près de la maison du Premier ministre libanais sortant, Najib Mikati. La deuxième a eu lieu près du port, non loin du domicile de l'ancien chef de la police Achraf Rifi, les deux déflagrations étant intervenues à proximité de deux mosquées sunnites, très fréquentées en ce jour de prière.

Un pays divisé

Ces attaques se produisent dans un contexte tendu à Tripoli, où les sunnites, qui soutiennent en majorité la rébellion syrienne, et les alaouites, plutôt favorables au régime de Bachar al-Assad, s'affrontent régulièrement. Le 15 août dernier, un autre attentat à la voiture piégée avait également tué 27 personnes à Roueis, un fief du Hezbollah situé dans la banlieue chiite de Beyrouth.

Mercredi, le chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwaji, a affirmé que ses troupes étaient en "guerre totale" contre le "terrorisme", indiquant qu'elles pourchassaient depuis des mois une cellule "qui prépare des voiturées piégées". Le responsable militaire a précisé que la cellule "ne vise pas une région ou une communauté particulière mais elle cherche à provoquer une dissension confessionnelle en visant des régions différentes tant du point de vue confessionnel que politique".

Le conflit qui ravage la Syrie voisine est source d'un important clivage au Liban. Les sunnites y soutiennent majoritairement les rebelles quand les chiites, emmenés par le Hezbollah, sont favorables au président Assad.