Après de multiples polémiques autour de la Ligue de défense juive (LDJ), le ministère de l'Intérieur a finalement annoncé jeudi "envisager sérieusement" la dissolution de ce groupuscule très controversé. "La Direction des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère de l'Intérieur (DLPAJ) travaille à temps plein pour étudier la possibilité d'une interdiction de la LDJ", écrit ainsi Libération ce jeudi.

En effet, les arguments juridiques pour parvenir à dissoudre une association ou un groupement de fait doivent être solides pour ne pas être retoqués par le Conseil d'Etat. Le ministère de l’Intérieur va devoir s'appuyer sur l'article 212-1 du code de la sécurité intérieure, qui mentionne sept motivations à une dissolution, pour qu'elle puisse être adoptée par décret en Conseil des ministres. Dans le cas de la LDJ, il faudra prouver que ce groupuscule "provoque à la discrimination, à la haine ou à la violence pour motifs ethniques ou religieux, ou propage des idées encourageant cette discrimination". Ou bien qu'il "présente par sa forme ou son organisation militaire, le caractère de groupes de combat ou de milices privées".

"Cela n'empêchera pas ces jeunes de se réunir"

Alors si la dissolution est effectivement prononcée, quelles seront les conséquences pour la LDJ ? Constituée, une association ou un groupement de fait (comme la LDJ qui ne semble pas avoir de personnalité morale) a plusieurs droits. A contrario, la dissolution les supprime tous. Ainsi, elle ne pourra plus passer de contrat, agir en justice, posséder un patrimoine, recevoir directement des dons ni organiser des manifestations sous le nom de sa ligue.

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Mais en réalité, les conséquences seraient dérisoires pour cette ligue qui n'a pas d'existence légale et pas non plus de local. Quant à son financement, il dépend de dons qu'elle perçoit à travers une autre structure nommée "Solidarité Israël". "Il n'est pas dit que cette structure puisse également être dissoute. La LDJ pourrait hypothétiquement continuer à récolter des dons", explique à metronews un avocat spécialisé dans le droit des associations.

Si cette dissolution peut désorganiser la ligue, il n'est en effet pas sûr qu'elle soit véritablement efficace. "C'est simplement une décision politique. Cela n'empêchera pas ces jeunes de penser ce qu'ils pensent ni de se réunir. Ils n'afficheront plus le logo LDJ, c'est tout. Et ils auront également la possibilité de créer une nouvelle association avec un objet différent", pointe l'avocat. Et comme le rappelle Libération, une telle organisation a au moins l'avantage de concentrer les militants violents pour que les autorités puissent plus facilement les surveiller.