Jeudi 3 mars, vers 8h30 du matin, une adolescente de 15 ans, scolarisée au lycée Marcel-Gambier, à Lisieux (Calvados) s’est jetée sous un train. Pour la police, les raisons de son suicide ne font aucun doute : elle n’aurait pas supporté la "diffusion, par téléphones portables, d'au moins un selfie dénudé d'elle-même", a expliqué le capitaine Meunier, contacté par metronews. La photo intime aurait circulé de smartphones en smartphones, ce que "la victime aurait découvert par l'intermédiaire de l'une de ses copines", a-t-il ajouté.

La piste du revenge porn

S'il est difficile pour l'heure de connaître l'ampleur réelle de la diffusion du cliché, les policiers ont pu mettre la main sur la photo, retrouvée dans le téléphone portable d'une proche de la victime. Pourquoi la jeune fille a-t-elle pris ce selfie et à qui l'a-t-elle envoyé ? Selon nos informations, les policiers, qui s'orientent vers la piste du revenge porn, s'intéressent désormais au rôle qu'aurait pu jouer l'un des ex-petits amis de la lycéenne dans ce drame, et cherchent à établir s'il y a eu chantage ou tentative de chantage.

EN SAVOIR + >> Un ex petit ami de la victime reconnaît être à l'origine de la photo

Cette jeune fille, décrite comme "équilibrée", "sans aucun problème particulier", suivait une "bonne scolarité" en seconde européenne dans un lycée public plutôt tranquille. Très vite après le drame, les enquêteurs ont interrogé son entourage, mais aussi ses professeurs, ses camarades de lycées et le personnel de l’établissement. Et tous en attestent : la lycéenne était "très affectée" par la diffusion de ces clichés sans son consentement. "Elle n'en avait parlé à personne au sein de sa famille, elle devait probablement avoir trop honte", reprend le capitaine Meunier.

Cellule psychologique

Le geste désespéré de l’adolescente a suscité une immense émotion au lycée Marcel-Gambier, où une minute de silence a été observée vendredi. Un accompagnement psychologique des élèves, "très affectés", a été mis en place, a indiqué le proviseur Bruno Girouard, interrogé par Ouest France, qui a révélé l'affaire.

Selon le ministère de l’Education nationale, la cyber-violence toucherait environ 20 % des jeunes scolarisés, via les téléphones portables, messageries instantanées, chats et jeux en ligne. Depuis 2014, le harcèment scolaire est passible d'au moins six mois de prison et de 7500 euros d'amende. Voire 18 mois de prison en cas de circonstances aggravantes.

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