C'était il y a trois ans, une liste d'évadés fiscaux était brandie par le ministre du Budget de l'époque Eric Woerth, un coup de tonnerre au sein de la finance helvétique qui résonnait aux oreilles des riches exilés fiscaux français comme un sérieux avertissement. Depuis, ce fichier a suscité de nombreuses interrogations, à tel point que la justice s'est saisie du dossier. Un juge d'instruction parisien enquête ainsi depuis janvier.
A l'origine de cette affaire, un ancien informaticien de la banque HSBC à Genève qui a dérobé des CD contenant les noms de près de 9.000 clients suspectés d'évasion fiscale. Transmise à la justice française en 2009, cette liste a été utilisée par le fisc à des fins de redressement fiscal. L'informaticien, Hervé Falciani, faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international délivré par la Suisse. Il a été arrêté à Barcelone en Espagne le 1er juillet dernier, révélait lundi le site Mediapart. La Suisse a déposé une demande d'extradition le 5 juillet et "attend une réponse des autorités espagnoles", a indiqué, de son côté, à l'AFP l'Office fédéral de la Justice (OFJ) à Berne.
Soupçons de falsification
Dans son édition du jour, Le Monde revient sur cette affaire sur laquelle planent des soupçons de falsification. C'est notamment l'objet d'une plainte déposée en octobre dernier pour "faux et usage de faux en écritures publiques" par un contribuable suspecté d'évasion fiscale. De leurs côtés, les autorités suisses enfoncent le clou. Citant un rapport de 2010 du ministère public helvétique, le quotidien rappelle "qu'un des deux fichiers a été modifié". En outre, si l'affaire de la liste des évadés fiscaux a éclaté à l'été 2009, Bercy reconnaît avoir eu connaissance de la fameuse liste dès le 2 avril de la même année, quand Hervé Falciani s'est mis en relation avec un policier français.
Selon le journal, 2.846 personnes ayant un compte en Suisse ont été rattrapées par le fisc français sur la base de ce fichier volé.
















