Le contenu de l'ouvrage restera secret jusqu'à sa sortie lundi, façon Star Wars. Un suspense savamment orchestré par Nicolas Sarkozy lui-même.

Après les révélations de Paris Match sur la sortie de La France pour la vie, Nicolas Sarkozy, qui a toujours l'art du "teasing", s'est épanché un tout petit peu mardi sur son compte Facebook : il s'agira d'un livre sous forme de confessions, adressé aux Français.

"Forcément, il y a eu des erreurs"

S'il met un peu en ébullition le monde des médias et de l'édition, l'événement ne suscite cependant pas un enthousiasme débordant dans son camp. Les députés Les Républicains (LR) ne se passionnaient ainsi pas, lundi, pour la sortie à venir du livre "d'autocritique". D'ailleurs, quelle "autocritique" serait-on en droit d'attendre, selon eux ?

"Forcément, il y a eu des erreurs, puisque au bout il y a eu un échec" (celui de 2012, ndlr), concède le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, considéré comme proche de l'ancien Président. Sous son mandat, "on aurait pu aller plus loin sur certains sujets, notamment sur la justice et les aménagements de peine", explique l'élu, partisan d'un durcissement de la politique pénale. Sans pousser plus loin.

"Des erreurs ? Pas un Français n'en doute"

"Il écrit ce qu'il veut", répond, plus sec, Hervé Mariton, en lice lui aussi pour la primaire de la droite en vue de la présidentielle. "Y a-t-il eu des erreurs ? Pas un Français n'en doute. L'important en vérité, c'est ce qu'il en fait pour l'avenir." Du reste, le député de la Drôme s'en fiche pas mal. Il préfère rappeler la sortie de son propre livre, début mars, et prôner "le débat d'idées" à droite. "On peut faire des erreurs, c'est une chose", estime aussi Jacques Myard, député des Yvelines, sans préciser lesquelles. "Le problème n'est pas là. C'est le projet politique qui compte."

Le député de la Manche, Philippe Gosselin, est plus volubile sur le mea culpa de Nicolas Sarkozy. Lorsqu'il était président, "il a souvent été maladroit dans ses expressions", estime-t-il. "Le 'casse toi pov' con', ça lui a collé aux basques. Il a aussi donné le sentiment qu'il passait en coup de vent, qu'il était un peu superficiel. A lui d'apporter la démonstration qu'il a changé." Sur le fond aussi : "Sous son mandat, beaucoup de têtes de chapitres ont été esquissées, sans aboutir, comme la suppression des 35 heures". Bref, oui au mea culpa, mais à condition de porter un projet. Une chose est sûre : tous s'engagent à lire, "du moins en diagonale", le livre confession du patron. Même s'il fait 270 pages.

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