Une inculpation pour crimes contre l'humanité ne ne s'accompagne pas toujours d'une mise au ban. Le président kényan nouvellement élu, Uhuru Kenyatta, s'est ainsi rendu dimanche à Londres pour une visite officielle de trois jours malgré... une inculpation par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité. Il doit assister à une conférence sur la Somalie, déchirée par une guerre civile.

Celui dont le père a été président du Kenya il y a 50 ans est poursuivi pour son rôle présumé dans les violences qui avaient suivi le précédent scrutin présidentiel fin 2007. Son procès à La Haye doit s'ouvrir en juillet. Cette année-là, suite aux résultats controversés de l'élection, l'ethnie des Kikuyus avait été la cible de violentes attaques – exécutions, viols, agressions - durant sept semaines. Des violences qui avaient fait plus d'un millier de morts. Uhuru Kenyatta est soupçonné d’avoir financé les Mungiki, un gang de coupeurs de têtes, en représailles.

Rôle vital du Kenya en Somalie

Au cours de ce premier déplacement hors d'Afrique en tant que chef de l'Etat, Uhuru Kenyatta aura "des entretiens bilatéraux" avec le Premier ministre David Cameron, selon un communiqué de la présidence. L'invitation à assister à cette conférence, co-organisée par Londres et Mogadiscio, marque un changement dans l'attitude du gouvernement britannique vis-à-vis de Uhuru Kenyatta.

Londres, comme les autres pays de l'Union européenne, a en effet pour politique de n'entretenir que des contacts indispensables avec toute personne inculpée par la CPI. Le royaume n'avait ainsi pas assisté à la cérémonie d'investiture début avril du nouveau président, à l'instar des autres pays occidentaux. Mais le pays a choisi de fermer les yeux, le temps de trouver une issue au conflit somalien. "Le Kenya (y) joue un rôle, parce qu'il y a engagé quelque 5.000 soldats et qu'il accueille plus de réfugiés somaliens que n'importe quelle autre nation," a expliqué l'ambassade britannique dans un communiqué.