Ils l'ont bue et se sont douchés avec pendant plusieurs semaines. Les clients du Cecil Hotel, dans le sud de Los Angeles, ont eu la désagréable surprise d'apprendre que l'eau du robinet de leur hôtel provenait d'un réservoir où se trouvait... un cadavre. Certains s'étaient d'ailleurs plaints quelques jours plus tôt du faible débit de l'eau, précise AP qui révèle l'affaire.
"Au moment où nous l'avons découvert, nous nous sommes sentis nauséeux, presque littéralement", a réagi Michael Baugh, un touriste anglais en goguette aux Etats-Unis avec sa femme. D'après les autorités locales, l'eau a aussi été utilisée pour faire la cuisine et un café à l'intérieur de l'hôtel a été provisoirement fermé. L'établissement a relogé les clients de 27 chambres dans un autre hôtel, mais 11 personnes ont choisi de rester.
Vue pour la dernière fois fin janvier
La police a interdit toute consommation d'eau du robinet, le temps que des analyses soient effectuées. Elle avait déclaré dans un premier temps que l'eau ne représentait aucun danger. De son côté, l'hôtel a fait appel à un spécialiste de l'assainissement d'eau pour désinfecter les canalisations. "Notre préoccupation principale est le fait que des matières fécales aient pu contaminer l'eau", a déclaré un représentant de la police. Mais, selon lui, le risque reste très restreint étant donné la grande quantité d'eau dans laquelle le corps a été retrouvé.
La victime, découverte par un officier de maintenance dans l'une des quatre citernes situées sur le toit de l'hôtel, s'appelait Elisa Lam et était âgée de 21 ans. Originaire de Vancouver, elle était arrivée seule à Los Angeles le 26 janvier. Aperçue pour la dernière fois cinq jours plus tard par des employés de l'hôtel, elle avait l'intention de partir pour Santa Cruz, à 350 kilomètres au nord de Los Angeles. Elle était en contact quotidien avec sa famille.
Les enquêteurs doivent déterminer les causes de sa mort et ignorent encore s'il s'agit d'un crime ou d'un accident. La police du district a tout de même qualifié le décès de "suspect". Les caméras de surveillance de l'hôtel montrent la victime peu avant sa mort dans un ascenseur, appuyant frénétiquement sur tous les boutons et passant sa tête hors des portes avant qu'elles ne se referment. En revanche, aucune caméra n'est installée sur le toit de l'hôtel, qui n'est accessible que par un escalier de service et protégé par une porte fermée à clef.













