Un gros coup dur, voilà quelle tournure a pris la huitième élection législative partielle depuis l'élection de François Hollande pour le gouvernement. Le verdict des urnes est en effet sans appel pour le Parti socialiste, dont le candidat ne verra pas le deuxième tour dans la troisième circonscription du Lot-et-Garonne, l'ex-fief de Jérôme Cahuzac. C'était d'ailleurs tout l'enjeu de ce vote, trouver un successeur à l'ancien ministre du Budget, bouté hors de l'Assemblée nationale suite à sa mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale, le 2 avril dernier.

"Le produit d'un choc Cahuzac" pour Harlem Désir

Une chose est acquise ce dimanche : Bernard Barral ne reprendra pas son flambeau. Avec 23,69% des suffrages, soit moins que les 12,5% de voix des inscrits qu'exige la loi pour se hisser au second tour, le candidat du PS arrive en effet en troisième position et laissera Jean-Louis Costes (UMP) et Etienne Bousquet-Cassagne (FN) s'affronter la semaine prochaine. Le maire UMP de Fumel décroche la première place avec 28,71% des voix, le Frontiste le suivant avec 26,04% des suffrages dans une élection marquée par une faible participation. Le taux d'abstention atteint ainsi 54,12%. "Un nouveau désaveu cinglant pour François Hollande et sa politique", s'est empressé de souligner le président de l'UMP, Jean-François Copé.

"Je pense qu'on va gagner cette circonscription", a confié sur I-Télé le vice-président du parti dirigé par Marine Le Pen, Florian Philippot, voyant dans ces résultats "une dynamique extraordinaire autour du Front national". Un FN contre lequel Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, a appelé "à faire barrage" dans l'optique du deuxième tour, programmé dimanche, par voie de communiqué. L'ancien président de SOS Racisme a regretté "l'éclatement des forces de gauche" et évoqué "un électorat socialiste déboussolé par l'affaire Cahuzac", présentant cette élimination comme "le produit d'un 'choc Cahuzac'" dont les ondes ont cette fois été ressenties jusque dans les urnes.