Peut-on dresser un profil psychologique de Luka Magnotta ?
Son crime, d'une extrême violence, indique qu'il s'agit a priori d'un grand pervers sexuel sadique. Il y a deux types d'homicides sexuels. Ceux commis sous la colère, et ceux de nature sadique. La vidéo le montre exécuter sa victime de façon organisée, par étapes. La mise en scène de son crime, ainsi que sa nature, avec cannibalisme, dépècement et viol post-mortem, révèle une sexualité pathologique polymorphe.
Peut-on le qualifier de psychotique ?
C'est là que je m'interroge. Son meurtre ne ressemble pas au schéma classique d'un acte de psychotique, car il est très organisé, et a visiblement préparé son passage à l'acte. Mais plusieurs éléments pourraient aller dans ce sens. Ce garçon a eu des problèmes familiaux, une sexualité polymorphe et une identité flottante. Il change de nom, se met en scène sur Internet, et passe à l'acte vers trente ans, comme la plupart des criminels psychotiques. Il est donc possible qu'il ait développé ces dernières années des troubles de type schizophrénie délirante.
Comment interpréter sa vidéo et sa diffusion sur Internet ?
Elle témoigne de son narcissisme effréné et rentre dans sa logique mégalo-maniaque de la mise en scène de sa personne, y compris dans le crime. Il veut qu'on parle de lui, il recherche la publicité. C'est une façon de revendiquer l'horreur de son crime. En tant que pervers, il a certainement ressenti beaucoup de plaisir, et il doit en prendre encore aujourd'hui, en voyant que l'horreur est médiatisée.
Risque-t-il de récidiver ?
C'est difficile à dire, mais c'est possible. S'il a trouvé un grand plaisir à commettre son premier meurtre, il peut avoir envie de recommencer.
















