Jean-Claude Juncker serait-il indétrônable ? Le parti chrétien-social du Premier ministre à la tête du Luxembourg depuis 18 ans est sorti vainqueur des élections législatives anticipées organisées dimanche, selon des résultats presque définitifs. Le CSV de Jean-Claude Juncker obtient 33,4% des suffrages, contre 38% il y a quatre ans, et 23 sièges sur un total de 60 mis en jeu. Face à lui, le parti d'opposition libérale, le DP du maire de Luxembourg Xavier Bettel, serait en forte hausse, de 4,2 points à 19,2%, au coude à coude avec les socialistes, membres de la coalition sortante, crédités de 19,3%.

"Nous sommes le parti le plus important" s'est réjoui Jean-Claude Juncker dans une brève déclaration au siège de son parti. "Nous revendiquons la priorité pour former le prochain gouvernement", a t-il ajouté. "Je constate avec satisfaction que le parti chrétien-social reste le premier parti du pays", s'est de son côté félicité le ministre des Finances sortant et principal dauphin de Jean-Claude Juncker, Luc Frieden. Mais il est "beaucoup trop tôt" pour dire quelle coalition dirigera le Grand-Duché lors des cinq prochaines années, a-t-il précisé.

Rupture

Deux scénarios se dessinent alors. Le premier est une alliance entre les chrétiens-sociaux de Jean-Claude Juncker et les libéraux de Xavier Bettel, qui disposerait d'une majorité assez confortable de 37 sièges sur 60 et réunirait à la fois le premier parti du pays et celui qui a le plus progressé. Un second verrait le renvoi dans l'opposition des chrétiens-sociaux, au pouvoir de manière pratiquement ininterrompue depuis 70 ans, par la formation d'une coalition entre les libéraux, les écologistes et les socialistes.

La rupture entre socialistes et chrétiens-sociaux, qui ont gouverné ensemble depuis 2004, s'est produite au début de l'été, obligeant Jean-Claude Juncker à convoquer les élections avec sept mois d'avance sur la fin normale de la législature. Comme l'opposition, les socialistes ont dénoncé la responsabilité politique du Premier ministre dans le scandale du service de renseignement, qui a commis de graves irrégularités, notamment en espionnant sur une grande échelle la population et une partie de la classe politique. Il revient désormais au Grand-Duc Henri de nommer dans les prochains jours le responsable qui sera chargé d'évaluer la faisabilité de ces différentes options.