Pris entre deux feux, certains proviseurs ont assoupli leur règlement intérieur : pour préserver la sécurité de leurs élèves face à la menace terroriste, ils ont décidé d’autoriser les fumeurs, jusqu’à la fin de l’état d’urgence, à griller leur cigarette dans la cour plutôt que devant les portes de l’établissement. Une entorse à la loi Evin qui déplaît fortement aux associations anti-tabac. Au point qu’elle fait l’objet de plusieurs plaintes selon RTL.

"On les laisse se faire tuer à petit feu ?"

La radio révèle ainsi ce mardi qu’une pneumologue, Corinne Depagne, en a déposé deux la semaine dernière à Lyon, contre le lycée Saint-Exupéry et contre le rectorat. La radio, qui rapporte les chiffres de l'Alliance contre le tabac selon lesquels plus de la moitié des établissements français enfreignent la loi Evin, affirme que d’autres recours sont en train d'être constitués devant le tribunal administratif contre trois établissements d’Ile-de-France par l'association Droit des Non-fumeurs.

"On empêche nos enfants de se faire tuer devant les lycées et on les laisse se faire tuer à petit feu à l'intérieur ?" s'insurge la pneumologue Corinne Depagne au micro de RTL, réclamant que cette pratique tolérée depuis plusieurs mois soit formellement interdite par l’Education nationale. Un proviseur, Pascal Charpentier du lycée lyonnais du Parc, lui répond : "C'est irresponsable de laisser mes élèves sur le trottoir". Face à cette situation, le syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN) réclame l'instauration de zones fumeurs dans les établissements.

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