Un violent incendie a ravagé un camp de Roms dans l'agglomération lyonnaise, a-t-on appris samedi 23 mars auprès des pompiers confirmant une information du Progrès. Le sinistre survenu tard la veille au soir n'a fait ni victime ni blessé, a indiqué un pompier intervenu sur les lieux du campement sauvage situé en bordure du boulevard périphérique, sur la commune de Saint-Fons, en revanche la plupart des cabanes sont parties en fumée.

Un braséro ou une bouteille de gaz

Le feu, a priori d'origine accidentelle, s'est déclaré vers 22h. Les flammes pourraient s'être propagées d'un brasero, autour duquel des occupants du camp se réchauffaient, vers les constructions de fortune. Selon une autre hypothèse, évoquée par le président de la section locale de la Ligue des droits de l'Homme, Jacques Dumortier, "l'incendie serait survenu accidentellement, suite à l'explosion d'une bouteille de gaz". Plusieurs bouteilles ont en tout cas explosé. Une enquête a été ouverte. Quoi qu'il en soit, après une heure et demie de lutte, la cinquantaine de pompiers déployée sur les lieux est parvenue à maîtriser l'incendie qui s'est étendu sur environ 2.500 mètres carrés, entre le boulevard Sampaix et le périphérique lyonnais qui a dû être temporairement fermé.

Les 250 habitants du campement ont tous été évacués et accueillis pour la nuit dans la salle des fêtes de la commune. Présent sur place vendredi soir, entre autres militants associatifs, M. Dumortier estimait que les sinistrés pris en charge par la mairie de Saint-Fons et la Croix-Rouge, qui a fourni des lits de camp et des vivres, étaient "entre de bonnes mains". Une décision préfectorale était attendue à la mi-journée, a-t-il ajouté, en vue du relogement de ces Roms, pour la plupart originaire de Roumanie.

Symptomatique et récurrent

Ce samedi, plusieurs associations ont fait part de leur préoccupation et même de leur indignation, ainsi Jean-Philip, un militant du Mrap Rhône, qui juge que "cet incendie est malheureusement symptomatique de l'immobilisme des autorités sur la question des campements de Roms", en particulier dans la région. "Une circulaire prise en août dernier stipule que les occupants des campements doivent faire l'objet d'un suivi sanitaire, social, médical et éducatif", rappelle-t-il, or, "le Rhône est le seul département où cette circulaire n'a pas été appliquée".

Ailleurs en France, il y a près d'un mois, un incendie spectaculaire était survenu dans un bidonville d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis et déjà en décembre un camp de Roms situé à Créteil, dans le Val-de-Marne, avait été dévasté par le feu.