Hollande et "ces femmes qui lui gâchent la vie" en une d'un hebdo, une ministre à qui l'on demande si elle a été nommée parce qu'elle est "belle", un opérateur vantant la fibre optique en proposant de télécharger "aussi vite que votre femme change d'avis"... Ce sont quelques uns des récents propos ou campagnes sexistes épinglés sur la vidéo annonçant le lancement, mardi à 14 heures, de macholand.fr.

"La résistante au sexisme"

"Notre plateforme vise à organiser la résistance au sexisme en permettant à chacun et chacune, en quelques secondes, d'initier ou de participer à des actions sur Internet et les réseaux sociaux", promet à metronews l'une de ses créatrices, Caroline De Haas. La fondatrice d'Osez le féminisme s'est associée à deux autres militants, Clara Gonzales et Elliot Lepers, à l'origine fin 2013 du site des "343 connards", qui proposait aux internautes de "tweeter un mot doux" aux "343 salauds" signataires de la pétition "touche pas à ma pute" contre l'abolition de la prostitution.

Au même moment en effet, Caroline De Haas avait dénoncé sur Twitter un slogan de Darty affirmant que 'face à la technologie, on est tous un peu blonde'. Le spécialiste de l'électroménager lui avait alors répondu être "désolé que VOUS ayez trouvé cette publicité sexiste". "Cela m'avait interpellé, explique la féministe : quand vous vous battez seul(e) dans votre coin contre ce sexisme qui nous assaille au quotidien, les gens ont le sentiment que vous exprimez une opinion individuelle". D'où l'idée de donner une caisse de résonance commune à toutes les actions virtuelles.

Un guide de féminisation des noms à disposition


Impossible sur macholand.fr, ou toutes et tous sont appelés à repérer les auteurs de dérapages sexistes, de dénoncer un oncle ou une tante qui tiendrait un discours misogyne lors d'un repas de famille. "Il s'agit vraiment d'épingler les propos publics car ils ont une valeur normative, souligne Caroline De Haas : quand un député refuse de dire 'Madame la présidente', cela donne l'exemple dans le mauvais sens du terme."

Cette polémique autour d'un élu UMP, qui s'est vu retirer 1400 euros d'indemnité pour s'être acharné à appeler "Madame le président" la vice-présidente de l'Assemblée Sandrine Mazetier, donnera d'ailleurs lieu à l'une des premières actions proposées sur le site, qui revendique un ton "décalé et humoristique". Les internautes seront invités à envoyer, en un clic, le "guide de féminisation des noms" aux 142 députés de droite qui ont fait bloc derrière leur collègue dans une tribune publiée vendredi dans Le Figaro.

Inonder les auteurs de mails ou de posts Facebook

La marque Ariel, pour un spot oubliant que les hommes font eux aussi la lessive, et le maire d'Elne (Pyrénées-Orientales), qui a récemment préféré donner des noms de montagne à des rues censées rendre hommage à des femmes célèbres, risquent eux aussi notamment de se voir inondés de mails ou de posts Facebook.

En 2013, un sondage du Laboratoire de l'égalité et de Mediaprism avait montré que 74% des Français réprouvaient les publicités véhiculant des clichés sexistes, mais que plus de deux sondés sur trois étaient incapables de les identifier comme telles lorsqu'on les leur présentait. Désormais, les machos et leurs stéréotypes n'ont qu'à bien se tenir.

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