Un privilège rare pour une adolescente pas comme les autres. Malala Yousafzaï s'exprimera ce vendredi devant l'ONU à New York, à l'occasion de son seizième anniversaire. Blessée d'une balle dans la tête par des talibans l'année dernière, la jeune pakistanaise est devenue, en quelques mois, une icône de la résistance face à l'oppression des femmes.

Devant les représentants des nations du monde entier et sous le regard du Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, Malala va présenter une pétition dans laquelle elle demandera à l'organisation internationale de prendre en charge le financement d'écoles au Pakistan et de se réengager à ce que chaque enfant ait accès à une scolarité en décembre 2015. Un geste fort qui couronne une lutte que la jeune fille mène au péril de sa vie depuis l'âge de onze ans.

"Je suis prête à me sacrifier encore"

C'est en octobre 2012 que le monde découvre son visage. Sur le chemin de l'école, dans la vallée reculée de Swat, au Pakistan, la jeune fille est la cible d'une attaque d'une violence inouïe. A bord du bus scolaire, des talibans armés lui logent deux balles dans le corps, dont une à la tête. Miraculeusement sauvée, elle passera dix jours entre la vie et la mort à l'hôpital, avant d'être transférée pour des soins à Birmingham, en Angleterre.

La jeune fille est alors déjà connue dans son pays pour avoir dénoncé les violences des talibans, qui brûlent les écoles des jeunes filles et les privent d'éducation. Devenue, du haut de ses quinze ans, une cible à abattre pour les extrémistes dans son pays, elle deviendra, dès son arrivée en Angleterre sur un brancard, une icône mondiale. Le symbole du droit à l'éducation des filles au Pakistan, et plus généralement de la lutte contre l’extrémisme taliban.

Rétablie, Malala n'attend pas et reprend son combat, depuis l'Angleterre cette fois, où sa famille s'est installée provisoirement. Scolarisée dans un lycée de Birmingham depuis mars 2013, la jeune fille n'a pas dit son dernier mot. "Je veux que toutes les filles et les garçons soient scolarisés et je veux la paix dans mon pays", clame-t-elle à la télévision. "Et au nom de cette paix, je suis prête a me sacrifier encore".