La Dépakine® fait à nouveau parler d'elle. Mais cette fois, c'est pour tenter d'encadrer les dégâts causés par ce médicament. Le valporate de sodium (Dépakine®, Dépakote®, Dépamide®, Micropakine® et leurs génériques) est prescrit depuis les années 60 pour lutter contre les crises d'épilepsies mais également pour soigner les troubles bipolaires.

Ce médicament très efficace n'est toutefois pas sans danger pour les femmes enceintes. Ainsi, entre 2006 et 2014, il a été à l'origine d'au moins 450 malformations congénitales en France. Car l'on sait aujourd'hui que le risque qu'un bébé soit touché in utero si la mère est soumise à ce traitement est de l'ordre de 10%. On soupçonne également un risque, qui lui peut atteindre 40%, de retards intellectuels, de retard d'apprentissage de la marche mais aussi d'autisme.

Mieux informer et mieux prendre en charge

Si, en octobre 2015, le parquet de Paris a ouvert une enquête sur le dossier, le gouvernement n'a pas attendu ses conclusions pour réagir.

EN SAVOIR + >> La Dépakine responsable de 450 cas de malformations

Ainsi la ministre de la Santé, Marisol Touraine, vient d'annoncer une série de mesures pour mieux informer les mères sur les risques encourus et pour mieux prendre en charge les enfants victimes de la Dépakine®.

Dans un premier temps il s'agit de donner aux femmes désireuses de concevoir toutes les informations sur la prise de ce médicament en faisant figurer un pictogramme clair en plus des mises en gardes énumérées dans la notice.
 Mieux informer les professionnels de santé en les alertant des risques via les logiciels d'aide à la prescription.
⇒ Mise en place d'une filière spécifique pour la prise en charge des enfants atteints de malformations ainsi que pour ceux dont un diagnostic d'autisme a été établi.
⇒ Recenser tous les cas de pathologies associées à la prise de valporate de sodium pour les consigner dans un fichier national.
 Réfléchir à des voies d'indemnisations spécifiques en lançant une mission d'expertise juridique.

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