Le retour au pays pour certains, la poursuite du conflit pour les autres. Alors que l'Assemblée nationale a accepté de prolonger l'opération Serval sur le sol malien, l'état-major des armées a confirmé ce lundi le retrait de plus de 500 soldats français depuis mi-avril. Au total, le nombre de soldats français encore déployés au Mali s'élève à "un peu moins de 4 000" selon une source militaire.

Un premier groupe d'une centaine de parachutistes, basés à Tarbes ou à Calvi, est rentré en France le 9 avril. Mardi en fin de journée, un détachement du 17e Régiment du génie parachutiste (RGP) est à son tour attendu à Montauban. Le début d'un retrait progressif : l'objectif fixé par François Hollande est de ramener le contingent français au Mali à 2 000 hommes en juillet et à un millier fin 2013. En espérant que, d'ici là, la Misma et ses 6 300 hommes prennent le relai.

Incertitude sur le processus de réconciliation malien

Sur le terrain, la force des pays de l'ouest africain poursuit en effet son déploiement. Une vingtaine d'unités sont ainsi réparties dans les principales villes et points stratégiques du Mali, comme Bamako, Gao, Diabali, Tombouctou, Kidal ou Tessalit. Pour permettre une bonne coordination avec les forces françaises, un détachement de liaison est déployé à leur côté. Un dispositif tricolore peu à peu allégé, mais dont la prolongation sur place par le Parlement n'a été qu'une simple formalité.

Car si Laurent Fabius a fréquemment soufflé le chaud et le froid sur le calendrier du retrait, notamment dans nos colonnes, la présence française se révèle encore indispensable. Fin février, un large consensus s'était déjà dégagé lors d'un premier débat sur l'opération Serval. Ce lundi, la discussion au Parlement a cette fois été suivie d'un vote, l'article 35 de la Constitution stipulant que quand la durée d'une opération extérieure excède quatre mois, sa prolongation est soumise à l'autorisation du Parlement.

Après le démantèlement des réseaux jihadistes, l'incertitude sur le processus de réconciliation malien et l'avenir politique du pays devraient désormais être au cœur des débats. La Commission de la Défense et des Affaires étrangères du Sénat ne cache d'ailleurs pas son inquiétude à ce sujet. Dans un rapport adopté à l'unanimité par la commission, Jean-Pierre Chevènement (RDSE) et Gérard Larcher (UMP) appellent à "consolider d'urgence le processus de réconciliation malien". Selon ces derniers, "le dialogue avec le nord, qui n'a pas commencé, est le nœud gordien de la reconstruction de l'Etat et de la refondation politique du Mali".