L'armée française réengage le combat au Mali. "Plusieurs centaines" de soldats participent en ce moment à une opération de "grande ampleur" dans le Nord du pays, a annoncé ce jeudi un porte-parole de l'état-major des armées.

L'opération se déroule précisément "au nord et au sud de la boucle du Niger". Soit dans la région située entre Tombouctou et Gao, libérée de l'emprise djihadiste par l'opération Serval menée par la France depuis le 11 janvier dernier. Si son ampleur est inhabituelle, l'offensive s'inscrit dans le cadre des "opérations qui sont régulièrement menées (...) pour participer à la stabilité du pays", a indiqué le colonel Gilles Jaron. Qui a également tenu à préciser que la France n'est pas seule en première ligne, mais combat aux côtés des forces armées malienne et la Minusma (force de l'ONU au Mali).

"Faire pression sur les mouvements terroristes"

Officiellement, il ne s'agit pas d'une riposte directe aux attaques djihadistes enregistrées ces dernières semaines au Mali, dont la dernière en date s'est produite par plus tard que mercredi à Tessalit (nord-est). Les forces françaises, assure l'état-major, ne sont pas surprises de "voir ponctuellement de tels groupuscules se mettre en œuvre" pour "frapper les esprits", à l'approche des législatives dont le premier tour est prévu le 24 novembre.

Si l'armée ne veut pas donner l'impression de subir la situation sur le terrain, son objectif est néanmoins de "faire pression sur les mouvements terroristes éventuels pour éviter leur résurgence". Car un mois après que François Hollande a déclaré à Bamako que "nous avons gagné cette guerre", le colonel Jaron admet que "nous savons que la totalité des groupes terroristes présents (...) au Mali n'ont pas été éliminés". Il s'agit donc de ne pas leur laisser le champ libre pour un retour en force. Tout est dans le nom de l'opération : "Hydre". Dans la mythologie, les multiples têtes de ce monstre repoussent en double au fur et à mesure qu'on les coupe…