L'ONU prend le relais. Un peu plus de quatre mois après le début de l'intervention française au nord du Mali, le Conseil de Sécurité de l'ONU a adopté jeudi la création d'une force de maintien de la paix. Après l'opération éclair française contre les islamistes dans la région, l'ONU prend donc en main la crise malienne.

Si le calendrier est respecté, les forces françaises passeront officiellement le relais aux casques bleus le 1er juillet. La Misma (Mission internationale de soutien au Mali) et ses 6.300 hommes feront ainsi place à sa version onusienne, la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali ) et ses 12.600 hommes. Sa mission : ramener la paix dans les villes du nord, en empêchant le retour des islamistes. Un soutien de poids pour les soldats français, déployés sur le terrain depuis le 11 janvier. Mais l'avantage est aussi financier : alors que l'opération Serval a coûté 200 millions d'euros à l'Etat Français, l'ONU sort désormais le porte-monnaie pour les opérations.

Des risques toujours présents

Malgré les apparences, cette mission de maintien de la paix n'est pas comme les autres. La Misma a en effet reçu ce que l'on appelle un "mandat vigoureux". Comprendre : en devant "empêcher le retour d'éléments armés dans les zones de combats", les soldats pourront, en cas de coup dur, ouvrir le feu, même si les missions de combats sont réservés aux français, qui connaissent mieux le terrain. Leur mission ne s'achève donc pas avec le mandat de l'ONU.

Car la menace existe toujours. "Il est inhabituel de lancer une opération de maintien de la paix alors qu'il n'y a pas de paix à maintenir", ironise même un diplomate de l'ONU, cité par l'AFP. Si les français ont largement entamé les capacités de nuisances des groupes "terroristes" ciblés, comme Aqmi ou le Mujao, certains "éléments", plus isolés, sont toujours présents dans le pays. L’armée française conserve ainsi ses bases arrières au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Tchad, mais son contingent va diminuer peu à peu. Il doit passer de 3.850 soldats aujourd’hui à 2.000 en juillet et un millier fin 2013. Le temps que la Minusma "gagne" le terrain.