Près de trois semaines après l'annonce du président tchadien Idriss Déby, l'Elysée a confirmé le 23 mars de façon certaine la mort du leader jihadiste algérien Abou Zeid, l'une des figures les plus radicales d'al-Qaïda au Maghreb islamique, abattue le mois dernier dans les Ifoghas, le massif montagneux où les forces françaises, tchadiennes et maliennes traquent les combattants islamistes dont c'est l'un des sanctuaires.

"Une étape importante dans la lutte contre le terrorisme"

Confirmant une information publiée dès samedi matin sur le site du Monde, un communiqué de la présidence française publié en début d'après-midi stipule que François Hollande "confirme de manière certaine la mort d'Abdelhamid Abou Zeid survenue lors des combats menés par l'armée française dans l'Adrar des Ifoghas au nord du Mali, à la fin du mois de février". On savait que des prélèvements avaient été réalisés sur l'un des corps des jihadistes de sa katiba tués le 28 février et que les autorités algériennes disposaient d'échantillon ADN de proches parents, mais les résultats de leurs recoupements tardaient à tomber.

Selon Le Monde, l'Algérie a formellement confirmé l'identification de son ressortissant Mohamed Ghdir, alias Abou Zeid, aux autorités françaises il y a quatre jours. Pour Paris, "cette disparition de l'un des principaux chefs d'Aqmi marque une étape importante dans la lutte contre le terrorisme au Sahel". Abou Zeid, qui avait 46 ans, passait pour particulièrement influent et cruel. En cinq ans, son groupe serait responsable des enlèvements d'une vingtaine d'occidentaux dans le Sahara, entre autres des Français enlevés sur le site minier d'Arlit, au Niger, celui aussi de Michel Germaneau, exécuté en juillet 2010, ou encore de l'Anglais Edwin Dyer, mort égorgé, selon plusieurs témoins de la propre main d'Abou Zeid.

Le sort d'un autre leader d'Aqmi toujours incertain

Rendant solennellement hommage à des soldats tchadiens tombés au Mali, le président Déby avait officialisé la mort de ce dernier, dès le 1er mars. A défaut d'identification formelle de son corps, cette affirmation reposait sur la découverte à ses côtés de son arme personnelle. Depuis, le Tchad a aussi annoncé la mort de Mokhtar Belmokhtar, dit "Le Borgne", un autre leader d'Aqmi, dont pour l'heure, la France n'a toujours pas confirmé le décès.