Quelque 6,5 millions d'électeurs maliens étaient appelés à voter ce dimanche pour les élections législatives. A l'heure de dresser le bilan de ce premier tour, le constat est clair : à l'exception de quelques incidents dans le Nord du Mali, le scrutin s'est déroulé dans le calme et n'a pas suscité le même engouement que la présidentielle de juillet-août.

A Bamako comme en province, l'affluence dans les bureaux de vote a été limitée. Le taux de participation devrait donc être plus faible que pour l'élection estivale du président Ibrahim Boubacar Keita, où il avait tourné autour de 50%. "Il n'y a pas de monde, les candidats n'ont pas mobilisé", a noté Oumou Sawadogo, électrice d'un bureau installé dans un lycée de la capitale.

Vols de matériel électoral

En attendant les premiers résultats, qui devraient tomber lundi, les autorités maliennes peuvent se féliciter du bon déroulement global de ce vote. Les incidents ont été cantonnés à la partie nord du pays, terrain d'affrontement entre des groupes islamistes et les forces armées depuis plus de dix mois et une intervention militaire internationale initiée par la France en janvier dernier.

A Talataye, à l'Est de Gao, la plus grande ville du nord du Mali, des habitants, indépendantistes touareg, ont manifesté et saisi le matériel électoral pour empêcher le déroulement du vote, ce qu'ils ont réussi à faire. Des incidents, également provoqués par des indépendantistes touareg, ont aussi eu lieu à Kidal (nord-est) où des vitres de voitures ont été brisées, les éclats blessant une femme, selon une source militaire ouest-africaine dans la ville. Près de Goundam, au sud de Tombouctou, des hommes armés non identifiés ont dérobé une urne utilisée dans un bureau de vote.

Dans les trois régions et grandes villes du Nord - Gao, Tombouctou et Kidal - "des mesures de sécurité nécessaires" ont été prises pour "éviter toute surprise", à savoir une action islamiste armée, selon le ministère malien de la Sécurité. Un "cordon sécuritaire" y a ainsi été mis en place, composé des forces armées maliennes, de celles de la Mission de stabilisation de l'ONU au Mali (Minusma) et des militaires français de l'opération Serval.