Elles étaient toutes les trois arrivées le 4 janvier dernier au Château de Louche, maison de retraite d'Annet-sur-Marne (Seine-et-Marne) où elles devaient effectuer un stage de quatre semaines. Deux semaines après leur arrivée, la directrice de l'établissement a mis fin à leur mission.

Les trois jeunes filles âgées de 16 et 17 ans, scolarisées au lycée professionnel Jean-Moulin à Torcy (Seine-et-Marne), sont en effet soupçonnées d'avoir maltraité au moins trois pensionnaires de la structure de gériatrie qui compte 71 lits. Les adolescentes ont ainsi réalisé pas moins de 33 vidéos de moins de 20 secondes qu'elles ont diffusées sur Snapchat avant d'être dénoncé par des élèves de leur lycée.

"Nous sommes sous le choc"

Joint ce lundi par metronews, les personnels de l'établissement se sont dits "très choqués" par ce "triste événement". "C'est très dur", déclare ainsi une employée à metronews. "Très dur", d'autant que rien ne pouvait laisser présager de tels faits de la part des trois stagiaires. "Tout se passait très bien, chacune avait un tuteur, indique Brice Tirvert, représentant du groupe Domidep, qui gère cette maison de retraite. C'est la direction du lycée, informée par des élèves, qui a contacté la directrice de la maison de retraite, mercredi 18 janvier à 8 h30. Ce jour-là, quand les jeunes filles sont arrivées au château, elle les a convoquées dans son bureau".

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La directrice aurait alors demandé les portables des jeunes filles avant de visualiser quelques contenus. "Il n'y a pas de violences physiques mais des choses insultantes, insiste Brice Tirvert. Les faits sont très graves. Les trois adolescentes ont tout de suite été remerciées." Le responsable ne cache pas son étonnement : "Nous n'avions rien à leur reprocher. L'une d'elles brillait même par son comportement. Et de préciser :" Les victimes, toutes octogénaires, ont tout de suite été vues par un médecin et un psychologue. Les familles des patients ont très vite été informées des faits."

Des violences physiques ?

Selon la direction du château de Louche, les trois retraités, "qui ont des troubles cognitifs et qui sont désorientés, se portent bien". Se souviennent-elles des violences ? "A priori, non, poursuit Brice Tirvert. En tout cas elles n'ont pas pris la mesure comme aurait pu le faire quelqu'un qui dispose de tous ses moyens."

A ce jour, rien ne laisse à penser que les adolescentes qui ont été mises en examen vendredi pour violences en réunion avec préméditation, diffusion sur Internet de scènes de violence et atteinte à la vie privée avant d'être placées sous contrôle judiciaire, ont été plus loin que les insultes. "En tout cas, ni les pensionnaires, ni les images ne font état de violences physiques", insiste Brice Tirvert.

L'enquête, menée par les gendarmes, se poursuit. La direction du château de Louche a fait savoir qu'elle "suspendait les stages jusqu'à nouvel ordre". "Nous voulons tirer les enseignements de toute cette affaire", conclut Brice Tirvert.