"Non au gaystremisme !" Dimanche après-midi, les opposants au mariage homosexuel ont défilé à Paris entre la Défense et la place de l'Etoile pour s'opposer au projet de loi qui sera étudié au Sénat à partir du 4 avril. Si les organisateurs ont comptabilisé 1,4 millions de manifestants, la police, elle, n'en a recensé que 300 000. Jeunes bien habillés, seniors endimanchés et familles venues avec leurs bébés ont brandi des drapeaux français tout au long d'un parcours de cinq kilomètres. Sous les slogans "on veut du boulot, pas du mariage homo" ou encore " Touche pas à ma filiation", les opposants ont fait entendre leur voix.

"L'enfant n'est pas un objet de droits. Ce qui est en jeu aujourd'hui c'est l'instrumentalisation de l'Homme" dénonce Hervé Bry, syndicaliste à la CFTC. Plein d'espoir même si la loi a déjà été votée à l'Assemblée nationale, ce cinquantenaire assure : "Si le gouvernement est courageux, il arrêtera ce projet de loi. Savoir dire je me suis trompé, c'est ça le courage !"

"Caprice d'adultes"

Un espoir partagé par ces deux papas de 28 ans venus avec leur famille au grand complet : "J'ai foi car une loi n'est pas irrévocable, explique Paul. A l'heure actuelle, nous ne sommes plus dans une démocratie mais dans un totalitarisme d'une forme nouvelle où un million de personnes (nombre de manifestants anti mariage gay le 13 janvier ndlr) n'est pas d'accord et le gouvernement semble ne pas l'entendre". Pour Cyril, qui manifeste contre un "caprice d'adultes", "les homosexuels veulent transformer l'enfant en un bien de consommation. C'est un choix égoïste."

Salué par de nombreux enfants, cet abbé diocésain de Lyon, regrette : "On rencontre déjà des personnes très malheureuses, on ne va pas s'amuser à faire des expériences où les gens perdent leurs repères !". Avant de lâcher : "Je ne suis pas un prophète pour savoir si cette loi passera mais j'y crois. On peut encore l'arrêter !"

Manifestation politisée

Malgré les appels au calme des organisateurs, des gaz lacrymogènes ont été dispersés par des gendarmes mobiles pour "maintenir les manifestants" qui voulaient accéder aux Champs-Elysées, un périmètre interdit par la police. Un incident sur lequel n'ont pas manqué de rebondir plusieurs personnalités de droite, notamment Jean-François Copé, président de l'UMP qui avait appelé ses militants à manifester, qui a "demandé des comptes" à François Hollande. Dans la soirée, les forces de l'ordre ont évacué à l'aide de gaz lacrymogène et de matraques quelques centaines de manifestants qui s'étaient installés sur les Champs-Elysées.

De son côté, Tugdual Derville, porte-parole du collectif organisateur la Manif pour tous, demeure "très heureux de cette immense mobilisation, à nouveau historique". Dans le métro qui le ramène chez lui, ce père de famille lance à un ami : " Tout est encore possible. Ils étaient moins de 100 000 quand ils sont allés chercher Louis XVI à Versailles !"