Neuf mois après l'adoption du Mariage pour tous, les anti ont été nombreux à remettre le couvert dimanche. De 80.000 personnes selon la police, à 500.000 d'après les organisateurs, venues battre le pavé parisien sous un soleil radieux. "Une Manif fourre-tout", pour Frigide Barjot, égérie de la saison 1, écartée depuis au profit de Ludovine de La Rochère. Si le retrait de la loi Taubira est toujours espéré, l'horizon des revendications s'est en effet bien élargi.

"Lutter contre la familiphobie" supposée du gouvernement est le nouveau mot d'ordre des organisateurs. "Nous ne voulons pas de PMA, ni de GPA", récitent en chœur Christian et Claudine fraîchement débarqués de Bretagne. Ces points ne figurent pourtant pas dans la future loi sur la famille. Mais le couple préfère "prévenir". "Le gouvernement est roi pour cacher ces choses-là, poursuit Bernard, leur voisin Nantais, pancarte "François Hollande, casse-toi" à la main. Il suffit de regarder ce qui se passe dans nos écoles".

Manip pour tous

Cette manifestation est en effet tombée à point nommé après une semaine marquée par une rumeur autour de la "théorie du genre", orchestrée par Farida Belghoul proche de l'extrême droite d'Alain Soral. Malgré la clarification du ministre de l'Education Vincent Peillon mercredi, beaucoup dans les rangs de la Manif en sont persuadés : les "ABCD de l'égalité", expérimentés depuis la rentrée 2013 dans 600 classes pour lutter contre les stéréotypes, apprennent "aux petits garçons à devenir des petites filles". "Il faut dénoncer cette idéologie considérant qu'il n'y a pas de déterminisme sexuel et qui est en train de se répandre de façon pernicieuse dans nos classes aujourd'hui", renchérit la FN Marion Maréchal-Le Pen, présente dans le cortège non loin de Christine Boutin ou des UMP Claude Goasguen et Henri Guaino.

Une semaine après le rassemblement anti-gouvernemental "Jour de colère" et à la veille de la Manif pour tous, Manuel Valls avait dénoncé l'émergence d'un "Tea Party à la française", l'aile réactionnaire du parti républicain américain. La France bleu blanc rose n'a en tout cas pas fini de rassembler.