Objectif : 100 000 personnes. Jean-Luc Mélenchon a choisi la rue pour célébrer l'anniversaire de l'arrivée au pouvoir de François Hollande. Le leader du Front de gauche appelle à manifester ce dimanche à Paris contre l'austérité et la politique du gouvernement. "Une marche citoyenne" que le parti espère transformer en démonstration de force, quatre jours seulement après les défilés syndicalistes du 1er mai. Toute cette semaine, Jean-Luc Mélenchon est justement monté au front pour mobiliser le plus grand nombre, multipliant les apparitions dans les médias.

"Ne réduisons pas notre manifestation au Parti de gauche, c'est beaucoup plus ample", insistait-il, jeudi, dans le rendez-vous politique des Indés-Metro-LCI (lire l'interview). Et l'ex ministre de citer la présence annoncée dans le cortège d'Eva Joly ou Olivier Besancenot. Pourtant, un temps tentée, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ne défilera pas aux côtés du Parti de gauche (PG) et des communistes. Absent également, Lutte Ouvrière qui ne se reconnaît pas dans les propositions de la formation d'extrême gauche.

"Un profond changement politique"

"La manière dont cette manifestation a été montée, les thématiques, le 'coup de balai', les injures autour des ministres de la République, ne correspondent pas à notre vision de la VIe République", a ainsi expliqué Pascal Durand, chef de file des écologistes.

Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon se défend "de tirer sur l'ambulance Ayrault", appelant à "un profond changement politique" qui passe par l’instauration d'une VIe République, l'autre mot d'ordre du rassemblement de ce dimanche, place de la Bastille. Mais celui qui se propose comme nouveau Premier ministre ne perd pas une occasion de critiquer de manière virulente l'action du gouvernement et la politique de François Hollande, cet "ectoplasme" qui "cajole" le monde la finance, "divise" la gauche et se trouve être "l'une des causes de la crise".

Mélenchon à la traîne dans les sondages

Pas sûr cependant que ses provocations fassent recette. Selon un sondage Ifop, paru ce dimanche dans le JDD, Jean-Luc Mélenchon est jugé "sectaire" par 63% des personnes interrogées (+ 10 par rapport à mars 2012). Côté programme, seuls 27% des Français et seulement 25% sympathisants socialistes estiment qu’il a des solutions pour sortir le pays de la crise, tandis que Marine Le Pen, à l'opposé sur l'échiquier politique, recueille 37% d’opinion favorable sur sa capacité à lutter contre la crise. A défaut de prendre l'ascendant dans les enquêtes d'opinion, Jean-Luc Mélenchon devrait faire mieux ce dimanche que les quelque milliers de sympathisants FN rassemblés mercredi autour de Marine Le Pen pour le traditionnel défilé du 1er mai.