Robert Ménard, vivement critiqué mardi pour avoir expliqué lundi soir, qu'il faisait un décompte des élèves de sa ville de Béziers en fonction des religions, contre-attaque. Lors d'une conférence de presse organisée dans la ville qu'il dirige, il a affirmé, mardi, que Manuel Valls lui-même s'était dit favorable à la mise en place de statistiques ethniques. C'était en 2009 quand l'actuel chef du gouvernement était encore député d'Evry (Essonne). "Je demande solennellement au Premier ministre d'aller au bout de sa pensée et de faire adopter le texte qu'il défendait en 2009", a martelé le maire de Béziers.

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"Il faut relancer le débat", assurait Manuel Valls

Qu'en est-il exactement ? Mi-décembre 2009, Manuel Valls, député d'opposition, s'était effectivement dit favorable à la création de statistiques ethniques, à l'issue d'un colloque sur la diversité : "Il faut relancer le débat sur les statistiques ethniques et je présenterai un projet de loi en ce sens à l'Assemblée nationale en début d'année prochaine", avait-il alors indiqué, allant même jusqu'à assurer que "pour certains, les statistiques ethniques mettraient en cause les valeurs de la République, alors qu'au contraire, c'est l'absence de mesures concrètes qui est à craindre". La proposition de loi n'avait jamais vu le jour.

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Ce colloque sur la diversité, en partenariat avec le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), avait été organisé après une déclaration pour le moins politiquement incorrecte de Manuel Valls. Six mois plus tôt, il s'était en effet fait remarquer en demandant, lors de son passage dans une brocante de sa ville, Evry, qu'on rajoute "quelques blancs, quelques white, quelques blancos" dans le public.

Un discours repris en 2012 et 2015

La question des statistiques ethniques est, depuis, revenue plusieurs fois dans la bouche de Manuel Valls. Début décembre 2012, alors qu'il participait à l'émission Des Paroles et des Actes en tant que ministre de l’Intérieur, il s'est encore une fois déclaré ouvert aux statistiques ethniques, ajoutant qu'elles devraient être mises en place "selon des règles" fixées par le Conseil constitutionnel. Un discours qu'il a même encore répété en mars dernier, lors d'une conférence de presse, exprimant le souhait "d'avoir davantage d'outils qui nous permettent de mieux lutter contre les discriminations", en l'occurrence contre celles faites aux femmes. "Sans des statistiques précises sur la question des sexes, jamais nous n'aurions pu avancer dans cette lutte", avait-il ajouté.

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