Après Claude Guéant, Manuel Valls est invité à rejoindre les rangs du Front national. Le vice-président du parti, Florian Philippot, invité vendredi de "Décideurs politiques", sur le Jdd.fr, a en effet estimé que les propos de Manuel Valls sur les Roms étaient "assez intéressants". Au point de lui proposer de rejoindre le FN. "J'ai entendu le ministre de l'Intérieur, je me suis dit qu'on pourrait presque lui donner sa carte d'adhérent au Front national", a-t-il indiqué. Mardi, le Catalan a ébranlé l'exécutif et déclenché une nouvelle fracture au sein du gouvernement en affirmant que les Roms avaient "vocation à retourner en Roumanie ou en Bulgarie".

Ce n'est pas la première fois que le ministre s'illustre par une ligne "dure" sur l’immigration. Au point que la question est devenue récurrente ces derniers mois : Manuel Valls est-il de droite ou de gauche ? Pas de doute pour le FN, Manuel Valls est de droite. A l'extrême, même. Du moins en apparence : "ses propos ne sont que des effets d'annonce", dénonce Florian Philippot. Habile, quand on sait que malgré les polémiques, Manuel Valls est le ministre chouchou des Français, indétrônable au sommet des sondages de popularité. La ligne "dure" du ministre plaît, et le FN le sait.

Un "record" d’expulsion de Roms

Le parti a d'ailleurs la mémoire courte. Il y a encore un an, la patronne frontiste accusait le ministre de l’Intérieur d'être un "intégrationniste forcené" qui ouvrait "les vannes d’une régularisation massive de clandestins", guidé par un seul objectif : l’assouplissement général des conditions de régularisation". Depuis, l'eau a coulé sous les ponts. Sur le sujet des Roms, Manuel Valls a fait mieux que Nicolas Sarkozy. Avec presque 12.000 Roms évacués de leurs camps en 2012 et déjà plus de 10.000 sur le premier semestre 2013, c'est même un "record", selon les associations. De quoi ravir le FN.

Manuel Valls à l'extrême droite ? Il y en a un autre qui serait d'accord, c'est Jean-Luc Mélenchon. Le co-président du Front de gauche, qui a fait du FN son ennemi n°1, n'en finit plus de taper sur le ministre de l'Intérieur, qu'il accuse de "chasser sur les terres du FN". Au point d'affirmer que le ministre aurait été "contaminé" par le fléau Marine Le Pen.

Ce n'est pas la première fois que le FN s'amuse à distribuer sa carte. En 2011, c'est sur un autre ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, que le Front National jetait (avec ironie toujours) son dévolu. Marine Le Pen était allée jusqu'à brandir sur scène lors d'un discours une fausse carte portant la flamme au nom du ministre de l’Intérieur. Il l'a "bien mérité", avait alors plaisanté la patronne frontiste. Son fait d'armes ? Une "petite phrase" qui avait fait grand bruit en mars 2011 : "les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux".