Marc Machin l'attendait depuis longtemps. Il a enfin été indemnisé vendredi à hauteur de 663.320 euros, après avoir passé 2.126 jours en prison pour un crime qu'il n'avait pas commis. "L'argent ne peut que permettre de repartir du bon pied, avait-il déclaré à la mi-juin. Je veux investir dans l'immobilier, avoir un travail, payer mes charges, mes impôts et prendre soin de ma famille". Avec cet argent, Marc Machin va pouvoir "rebondir", même si elle est loin des presque 2 millions d'euros que l'ancien détenu réclamait pour avoir passé six ans derrière les barreaux.

Huitième victime d'erreur judiciaire admise par la justice

Condamné par deux fois par la cour d'assises en 2004 et 2005 pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot en 2001 sur le pont de Neuilly, il a finalement été acquitté en décembre 2012 lors d'un troisième procès. David Sagno, le véritable auteur du meurtre, a permis l'annulation de sa condamnation par la cour de révision en se constituant prisonnier en 2008.

En réparation du préjudice moral, la justice lui a accordé 600.000 euros, plus 63.320 euros au titre du préjudice matériel. Cette indemnisation est l'une des plus fortes qu'une victime d'erreur judiciaire ait reçue par la justice française, qui n'en a reconnu que 8 en 70 ans. Avant lui, Loïc Sécher, condamné à tort pour viol, avait obtenu près de 800.000€ pour 3.856 jours de procédure. Enfin Patrick Dils, condamné pour deux meurtres puis blanchi en 2002 après 14 ans passés en prison, avait été indemnisé par la justice à hauteur d'un million d'euros.