L'union pour Charlie. De nombreux hommes et femmes politiques, de tous bords et de tous pays, ont annoncé leur participation à la marche républicaine organisée dimanche à 15h à Paris après l'attentat meurtrier mercredi contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Une marche dores et déjà placée sous haute sécurité entre la place de la République et la place de la Nation. Le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé des moyens "massifs" pour que l'événement se déroule sans heurt.

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Gauche et droite réunies

Le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, celle d'EELV, Emmanuelle Cosse, le président du MRC, Jean-Luc Laurent et Jean-Bernard Bros, du PRG, ont appelé à ce rassemblement. L'UMP, l'UDI, le Modem, le Front de gauche ainsi que Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan participeront. Nicolas Sarkozy défilera ainsi aux côtés de François Bayrou et de Jean-Christophe Lagarde. Cependant, des voix s'élèvent pour contester la légitimité des partis politiques à organiser l'événement. Comme Daniel Cohn-Bendit, ancien député européen écologiste. "Charlie vomissait les partis, y compris le mien. Alors imaginer une manif avec en première ligne Cambadélis, Sarkozy et les autres, ça n'a pas de sens." Ou encore Jean-Luc Mélenchon, qui sera présent mais qui ne reconnaît pas d'autorité au Premier ministre pour l'organiser et préférerait que syndicats et associations chapeautent le rassemblement.

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La participation exceptionnelle du président

François Hollande a annoncé vendredi soir qu'il serait de la partie. Il a par ailleurs appelé "tous les Françaises et les Français à se lever ce dimanche ensemble pour porter ces valeurs de démocratie, de liberté". Avant lui, un seul président de la République a participé à une manifestation publique depuis 1945. Il s'agit de François Mitterrand, le 14 mai 1990, contre le racisme et l'antisémitisme, après la profanation du cimetière juif de Carpentras. Protégé par des CRS, il avait effectué plusieurs allées et venues parmi la foule des manifestants, un peu plus de 200.000 personnes.

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L'absence du Front national

Le FN n'a finalement pas été convié. François Lamy, chargé pour le PS de l'organisation, a expliqué que le Front national n'était pas invité car il faisait partie "des organisations qui divisent le pays, stigmatisent nos concitoyens musulmans et jouent sur les peurs". Marine Le Pen, la présidente du parti d'extrême droite, a vigoureusement dénoncé avoir été mise à l'écart. "Il n'y a plus d'union nationale", a-t-elle déclaré, tandis que le numéro 2 du Front national, Florian Philippot, a d'ores et déjà raillé une "marche UMPS" rassemblant les "responsables du laxisme actuel".

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De nombreux représentants étrangers

La chancelière allemande Angela Merkel, "impressionnée par la cohésion du peuple français", sera présente, accompagnée de son ministre de l'Intérieur. "Je pense que c'est un signe important, pour l'amitié franco-allemande, que nous soyons ensemble en ces heures", a-t-elle déclaré.
Plusieurs autres dirigeants étrangers ont annoncé leur venue : l'Espagnol Mariano Rajoy et le Britannique David Cameron, dont les deux pays ont été frappés par des attentats islamistes ces dix dernières années. L'Italien Matteo Renzi, les dirigeants européens Jean-Claude Juncker, Donald Tusk et Federica Mogherini, les ministres américains de l'Intérieur et de la justice, Eric Holder, mais aussi les chefs de gouvernement danois, belge, néerlandais, maltais, finlandais, luxembourgeois, turc, tunisien, le président ukrainien et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov ont répondu favorablement à l'invitation du président français.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sera également présent dimanche à la "marche républicaine", a annoncé samedi soir l'ambassade d'Israël à Paris. Il sera accompagné d'Avigdor Lieberman, ministre israélien des Affaires étrangères, "pour exprimer leur soutien au peuple français et à ses dirigeants", a annoncé l'ambassade dans un communiqué. Peu de temps après, le président palestinien Mahmoud Abbas annonçait lui aussi sa participation à la "marche républicaine" selon une source diplomatique. Il sera reçu par le président François Hollande à l'Elysée avant le rassemblement, tout comme de nombreux autres chefs d'Etat et de gouvernement, dont le couple royal jordanien. 47 chefs d'Etat ou de gouvernement étaient prévus samedi soir selon l'Elysée avec en plus des dirigeants d'organisations internationales (Otan, Ligue arabe etc.). Les présidents de huit pays africains se rendront à Paris : Niger, Mali, Gabon, Congo, Bénin, Sénégal, Tchad, Togo.

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