Il dit ne pas vouloir "céder au tribunal médiatique", mais compte "reconsidérer sa position". Le maire du village basque d'Arcangues (Pyrénées-Atlantiques), soutenu par ses adjoints, s'est récemment fait connaître pour avoir refusé de marier un couple d'homosexuels dans son village, provoquant l'ire des deux hommes. Guy Martineau-Sepel et Jean-Michel Martin, ne pouvant se marier comme l'autorise désormais la loi, sont depuis au cœur d'un feuilleton médiatique qui les oppose à l'élu.

Ce dernier s'est attiré les condamnations de maintes associations et partis politiques, mais aussi les menaces du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui a rappelé que les maires réfractaires s'exposaient à des "sanctions importantes". Le message semble avoir été entendu puisque ce vendredi, Jean-Michel Colo, maire divers-droite d'Arcangues, a indiqué qu'après une réunion jeudi soir avec ses six adjoints, l'exécutif municipal de sa commune allait bientôt se réunir pour "reconsidérer sa position, souhaitant avancer à son rythme", tout en précisant qu'il refuse de céder à un "tribunal médiatique".

Le couple se dit "meurtri"

L'affaire a débuté le 7 juin dernier après que le maire de la ville a annoncé refuser de marier un couple homosexuel, pointant la loi sur le mariage pour tous comme "illégitime". Interrogé par metronews le 10 juin dernier, le couple, qui se dit "soutenu par les habitants" du village, nous faisait part de son intention de saisir le procureur de la République. "Et s’il le faut, nous irons jusque devant la Cour européenne des droits de l’Homme", avaient-ils prévenu. "Nous avons toujours cherché la discrétion, regrettait Guy. Nous avions même proposé au maire, puisqu'aucun adjoint ne souhaite cette célébration, de venir nous marier en toute discrétion à la maison".

Deux conseillères municipales du village de 3.000 habitants, Arbella d'Arcangues et Isabelle Benmergui, avaient offert une solution cette semaine au maire et à ses adjoints, en proposant de procéder l'une ou l'autre au mariage gay par délégation. Il est désormais possible, aujourd'hui, que le maire opte pour cette solution.

De leur côté, Guy et Jean-Michel s'impatientent. "Le temps de la réflexion pour Monsieur Colo et ses adjoints est passé. Ils jouent avec nos nerfs", a tancé Guy Martineau vendredi. "Soit ils disent oui, soit ils disent non. Il n'y a pas à attendre. Nous allons déposer notre dossier à l'état-civil à la mairie", a-t-il ajouté. Avec son compagnon, ce dernier avait adressé une lettre le 10 juin à la ministre de la Justice, Christiane Taubira, courrier dans lequel ils lui retournent leurs cartes d'électeurs. Mariage ou pas, avec leur maire, le divorce semble consommé.