"Si les amuses-galerie veulent faire cette loi, je réclame une clause de conscience." Alors que la ministre de la Justice Christiane Taubira a affirmé en présentant le futur projet de loi sur le mariage entre personnes du même sexe que les maires rétifs ne pourraient pas s'y dérober, celui d'Orange, Jacques Bompard, (Ligue du Sud, extrême droite), n'entend pas céder. "On mariera dans ma commune mais sans moi", assure-t-il à Metro.
Mardi, la garde des Sceaux a dévoilé dans le journal La Croix les grandes lignes du projet de loi sur le mariage et l'adoption homosexuelle. Dans son discours de politique générale prononcé en juillet dernier, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait promis "qu'au premier semestre 2013, le droit au mariage et à l'adoption serait ouvert à tous les couples sans discrimination".
"On transforme l'enfant en marchandise"
"Moi je défends un monde cohérent sur le plan familial donc une normalité avec un papa et une maman", répond Jacques Bompard. "Derrière la loi sur le mariage homosexuel, il y a l'adoption des enfants et là ça pose un problème éthique, juge-t-il. On est en train de transformer l'enfant en une marchandise." Si le maire d'Orange dit ne pas s'opposer à l'union des personnes homosexuelles "devant notaire", il estime qu'"on ne doit pas légiférer sur des cas particuliers." Mais Christiane Taubira est restée ferme : "Nous sommes dans un Etat de droit, le code civil va être modifié, il s'impose à tous".
Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-démocrate (PCD), a de son côté assuré sur Europe 1 que "le match n'est pas du tout perdu" pour les opposants à cette union. Un référendum serait, à ses yeux, de "l'intérêt du gouvernement, qui est pour une démocratie participative", de celui des Français "qui pourraient s'exprimer" et de celui "de la paix sociale et civile". Selon un sondage BVA publié en janvier, 63% des Français sont favorables au mariage homosexuel et 56% à l'adoption.
La droite a dénoncé mardi une stratégie de diversion après que François Hollande a annoncé "la ponction de 20 milliards d'euros d'impôts supplémentaires sur les entreprises et les ménages français". Selon Europe 1, Matignon aurait demandé à la garde des Sceaux de lancer une offensive médiatique sur le sujet quinze jours avant la communication officielle prévue. Opération réussie.

















