Certains opposants au mariage pour tous sont prêts à tout pour empêcher l'adoption du projet de loi sur le mariage gay qui doit avoir lieu mardi prochain. Deux députés socialistes vendéens en ont cette fois-ci fait les frais. Sylviane Bulteau et Hugues Fourage ont tous deux reçus une lettre de menace mercredi.

Dans un courrier adressé à Hugues Fourage, l'opposant au mariage gay se veut poétique. "Fourage, occupe toi du chômage et non du mariage et reste sage, sinon de ta maison saccage", était-il écrit. Si ces rimes promettent le "saccage" de sa maison, la lettre envoyée au député Sylviane Bulteau est elle, beaucoup plus grave. "C'est une menace d'enlèvement et après de me faire sauter aux explosifs, donc c'est l'oeuvre de quelqu'un d'assez déséquilibré, mais on fait attention attention quand même", a déclaré Sylviane Bulteau. Le courrier reproche en effet à "l'otage" d'être "de ceux qui veulent changer les bases de notre civilisation" et prévient que "si pour diverses raisons l'otage ne pouvait être atteint (…) la personne sacrifiée sera l'une de ses proches". "Nous sommes sûrs qu'après une ou deux disparitions, le projet de loi sera retiré", ont ajouté le ou les auteurs.

Des débats violents qui peuvent "attiser chez des individus, la violence qui est en eux"

Le courrier de deux pages adressé à son nom, reçu mercredi à la permanence PS de la Roche-sur-Yon, est barré sur la première page d'un post-it sur lequel est écrit "IFO" et en dessous, "Condamnation", selon la copie de la lettre. "IFO", la même signature retrouvée fin mars sur une série de lettres de menaces adressées à plusieurs journalistes ainsi qu'au juge d'instruction Jean-Michel Gentil qui a mis en examen Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt. Ces deux députés vendéens, plutôt discrets lors des débats à l'Assemblée, sont des cibles étonnantes. "La violence est telle qu'on en vient même à faire ça à des députés comme Hugues Fourage et moi qui ne sommes pas du tout des députés en pointe ni dans les médias nationaux ni sur le mariage", a remarqué Sylviane Bulteau.

Depuis l'annonce par le gouvernement de l'accélération du calendrier, le climat est de plus en plus tendu autour du mariage gay. Frigide Barjot, co-organisatrice de la manif pour tous avait appelé au "sang" avant de retirer ses propos. Certains députés à l'instar de Philippe Cochet ce jeudi, ont tenus des propos extrêmement violents à l'Assemblée nationale. "Je vous accuse vous la gauche, vous êtes en train d'assassiner des enfants", a déclaré le député du Rhône jeudi dans l'Hémicycle. Et conséquences directes ou pas, le actes homophobes ne cessent de se multiplier. Deux semaines après l'agression de deux couples homosexuels à Paris, un bar gay du centre-ville de Lille, le Vice-Versa, a été attaqué mercredi soir. "Ne pensons pas que ces propos violents dans l'hémicycle n'ont pas de conséquence à l'extérieur (…) cela peut attiser chez des individus, la violence qui est en eux", déplorait la député communiste Marie-George Buffet ce jeudi à l'Assemblée. Les mots peuvent en effet avoir plus de pouvoir que leur sens.