Clap de fin pour la Manif pour tous ? Le Conseil constitutionnel a validé totalement vendredi la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels adoptée par le Parlement français le 23 avril, mettant un terme à un épisode qui a révélé de profondes divisions dans la société française. L'opposition UMP et une partie de l'UDI (centriste) avaient saisi le Conseil constitutionnel, estimant que la plupart des dispositions de ce texte étaient contraires à la Constitution. Leurs arguments n'ont pas suffi à convaincre l'institution de l'inconstitutionnalité de cette loi qui va permettre à des couples de même sexe de se marier dès cet été.

La loi sera promulguée samedi, le mariage possible dans un mois

Les Sages  ont " jugé la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe conforme à la Constitution", peut-on lire dans un communiqué de l'institution. Ajoutant qu'ils n'avaient "pas le même pouvoir d'appréciation que le législateur qui a estimé que l'identité de sexe des adoptants ne constituait pas un obstacle à l'établissement d'un lien de filiation adoptive". Ils renvoient à l'autorité d'agrément le soin de juger si l'intérêt de l'enfant est respecté lors d'une adoption.

La haute juridiction a tout de même tenu à souligner que le texte ne leur reconnaissait pas un "droit à l'enfant", le principe à respecter pour tout agrément d'adoption devant être "l'intérêt de l'enfant". François Hollande a annoncé vendredi qu'il promulguerait samedi la loi sur le mariage homosexuel. Après "le temps de la décision", vient "maintenant le temps du respect de la loi et de la République", a souligné le président de la République, en déplacement à Caen.

Frigide Barjot remet en cause "l'indépendance" des Sages

Contacté par Metro, le collectif Manif pour tous dit "étudier le communiqué du Conseil constitutionnel avant d'organiser une conférence de presse samedi". Les anti-mariage gay restent "déterminés" à exiger que François Hollande ne promulgue pas cette loi. 52 opposants avaient encore été interpellés mardi soir à Paris pour "manifestation non déclarée". Christine Boutin elle, ne change pas de discours quitte à dénoncer une fois encore le "lobby gay" : "Une fois de plus, le Conseil démontre son caractère politique. Aucun élément de droit n'est pris en compte dans cette décision. Il s'agit d'une décision guidée par la simple volonté de propagande d'un lobby qui a décidé de mettre à mal notre civilisation".

De son côté, Frigide Barjot, la chef de file des opposants au mariage gay, a estimé vendredi après la validation de la loi, qu'il s'agissait d'une "provocation" et que la France changeait de "civilisation". "C'est une révolution institutionnelle. Nous sommes en train de changer de civilisation, de régime", a-t-elle déclaré à l'AFP ajoutant qu'elle "doutait sérieusement de l'indépendance des juges du Conseil constitutionnel". "Notre combat continue et je suis certaine que nous serons encore plus nombreux le 26 mai dans la rue après cette nouvelle. On va changer de civilisation sauf si les Français en décident autrement", a-t-elle ajouté. Décidément, les anti sont de vrais irréductibles.