Christine Boutin se souviendra de sa Manif pour tous. La présidente du Parti chrétien-démocrate a été victime de gaz lacrymogènes utilisées par les forces de l'ordre en marge de la manifestation des opposants au mariage gay dimanche. Sur des photos, qui circulent un peu partout sur le web, on peut en effet voir l'ancienne ministre à terre, les yeux rougis. "Je n'ai pas l'image d'un terroriste ni d'un casseur, et pourtant j'ai été visée par ces gaz", a-t-elle souligné. Dès dimanche soir, l'ancienne farouche opposante au PACS a demandé la démission du ministre de l'Intérieur Manuel Valls ainsi que du Préfet de police de Paris, dénonçant "la façon dont nous avons été traités par les forces de l'ordre aux ordres du gouvernement, qui gazent des familles, des enfants, alors qu'il y avait une grande discipline et un côté familial dans cette manifestation".

98 interpellations et six personnes placées en garde à vue, selon Valls

La version du ministre de l'Intérieur est différente. "Il y avait là sans aucun doute des manifestants de bonne foi mais il y avait aussi ceux qui poussaient, qui souhaitaient la provocation, qui cherchaient l'incident", a souligné le ministre, qui a défendu le "sang-froid des forces de l'ordre pour empêcher des incidents graves". Le ministre renvoie la responsabilité aux organisateurs de la Manif pour tous, "débordés", selon lui, par ces groupes d'extrême droite. Le ministre de l'Intérieur a dressé le bilan lundi matin : 98 interpellations ont effectuées dimanche, et six personnes ont été placées en garde à vue, selon le ministre, qui a tenu à préciser qu'une trentaine de policiers et de gendarmes mobiles ont été "légèrement blessés".

Autre ancien ministre chahuté lors du rassemblent (voir vidéo ci-dessous), Hervé Mariton a pointé à son tour la responsabilité du ministre de l'Intérieur. "Je ne remets pas en cause les forces de l'ordre, elles ont été mal diriges, mal orientées", a-t-il souligné lundi matin sur RTL. Pour le député UMP de la Drome, figure politique de la fronde contre le mariage pour tous, c'est bien la responsabilité du ministre de l'Intérieur qui est en cause. "Manuel Valls nous a accablé de mépris ces derniers jours. Sa démission devrait aller de soi", assure l'élu UMP. Ce dernier confie qu’au dîner du CRIF,  le ministre de l’Intérieur lui a lancé : "Vous n’avez qu’à manifester entre Corbeil et Evry, l’Étoile vous ne l’aurez pas ! C’est moi qui décide !" Preuve, selon lui, de l'"arrogance et du mépris" du ministre pour les manifestants.