Le débat est "lancé", estime mardi Le Parisien en revenant sur les initiatives des grandes marques de prêt-à-porter pour s’immiscer sur le marché de la mode islamique, dite "pudique". Après H&M qui avait ouvert la voie il y a un peu plus de six mois en utilisant l’image d’une jeune musulmane voilée pour une publicité, la chaîne de magasins britannique Marks and Spencer (M&S) vient en effet de présenter pour la première fois des burkinis (contraction de "burqa" et de "bikini"). De son côté, le Japonais Uniqlo s’est lancé dans la vente de hijabs (voiles islamiques) à Londres. La marque de luxe italienne Dolce & Gabbana a également récemment annoncé le lancement d’une collection de voiles et de tuniques islamiques.

"C’est toucher au politique et au religieux"

Le Parisien remarque que les burkinis à 62,95 euros de Maks and Spencer, présentés comme "un signe d’ouverture" par l’enseigne, ont suscité "des réactions indignées" sur Internet. "En France aussi, où l’on peut se procurer ces vêtements, le débat fait des remous", assure le quotidien, qui indique que la plupart des maisons de couture qu’il a contactées ont refusé de commenter ce sujet "visiblement tabou". "C'est délicat, estime toutefois la créatrice Agnès b, qui n’en fera "jamais", auprès du journal. Faire ce type de vêtement va au-delà de la consommation ou de la mode. C’est toucher au politique et au religieux."

Il y a quelques jours dans Le Figaro, la journaliste Isabelle Kersimon avait dénoncé dans ce phénomène "une dérive multiculturaliste des sociétés occidentales et une insulte à la liberté des femmes". Elle rappelait dans cette interview que "le marché de 'la mode musulmane' devrait peser près de 500 milliards de dollars en 2019".

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