Un retour "aux vieilles méthodes". Mise en place en fin d’année 2012, le travail de terrain de la brigade des stupéfiants de la Sûreté départementale porte ses fruits grâce à la surveillance physique des points de deal. De 70 personnes interpellées l’an passé pour leur implication dans un trafic de drogue, 77 l’ont été en 6 mois seulement dans les Bouches-du-Rhône.

Du côté des prises, l’équivalent de 300 000 euros en cocaïne et en cannabis, ainsi que 200 000 euros en liquide, ont été saisis durant la même période. "Nous n’avons pas la prétention de mettre un terme aux trafics, explique le commissaire divisionnaire Emmanuel Kiehl, mais plutôt de lui porter des coups".

Un accélérateur judiciaire

Par groupe de 6 ou 10, les policiers "planquent" en moyenne pendant 2 semaines à proximité d’un point de deal identifié. Acheteur, guetteur, vendeur, charbonneur et parfois "nourrices" (personne stockant la drogue), sont ainsi identifiés. "Le top départ est l’arrestation d’un acheteur pour certifier du trafic avant l’intervention en flagrant délit", détaille Emmanuel Kiehl.

Autre avantage de cette nouvelle méthode, les dossiers présentés aux juges lors d’une comparution immédiate sont "complets" assure le commissaire. "Tout est expliqué dans le procès-verbal. Le réseau est détaillé, c’est incontestable grâce aux photos notamment", explique-t-il. Un atout lors des jugements où les peines "peuvent aller de 4 à 6 ans de prison, ce qui est très élevé", commente Emmanuel Kiehl.

Complémentaire de la police judiciaire, les groupes de la brigade des stupéfiants "s’améliore avec le temps", confie le commissaire. "C’est la redécouverte du travail de terrain", poursuit-t-il en reconnaissant toutefois que "ça ne marche pas tout le temps".